ToulÉco

Publié le mardi 14 janvier 2020 à 17h39min par Isabelle Meijers

« L’Occitanie doit combiner développement touristique et tourisme durable »

L’Occitanie se classe troisième région la plus fréquentée derrière l’Île-de-France et Nouvelle-Aquitaine, selon une étude de l’Insee portant sur l’été 2019. Une performance qui cache des réalités contrastées. Explications avec Virginie Rozière, présidente du comité régional du tourisme (...)

Virginie Rozière, les chiffres de l’Insee pour l’été 2019 montrent une fréquentation touristique en Occitanie à la hausse de 0,9%, mais plus timide qu’au niveau national où elle est de 2,2%. Comment analysez-vous ces résultats ?
Cette saison estivale 2019 a été, à bien des égards, atypique avec des résultats hétérogènes. Le début de saison a été mauvais. En juillet, la fréquentation a baissé par rapport à 2018, ce qui est probablement dû aux records de chaleur. En revanche, en août et à l’arrière-saison, les chiffres ont bien progressé. Les métropoles de Montpellier et Toulouse, avec respectivement des hausses de 4,2% et de 14,4% des nuitées, enregistrent les meilleures performances pendant tout l’été. Autre marqueur, la clientèle, très volatile, se détermine au dernier moment.
Des situations contrastées donc. L’enseignement principal est que nous devons sortir des campagnes d’images classiques pour développer un marketing plus ciblé sur les réseaux sociaux, adapté aux attentes de chacun. Ainsi, Nîmes a bien tiré son épingle du jeu en juillet grâce à son offre culturelle, notamment l’organisation de plusieurs concerts qui ont attiré les touristes.

Le littoral occitan affiche une performance moins bonne en termes de fréquentation que d’autres littoraux comme ceux des Hauts-de-France, de la Normandie ou de la Bretagne. Pourquoi ?
Nous sommes mieux placés que Paca mais il est vrai que l’identité de la côte occitane est encore récente par rapport à d’autres littoraux. Elle date des années soixante et oscille paradoxalement entre urbanisation, comme à la Grande Motte, mais aussi espaces sauvages tels que la réserve du Cap Béar ou des sites Natura 2000.
Le plan Littoral 21 de la Région prévoit une rénovation de ces infrastructures des années 60 en matière d’hébergements, de voiries, de gestion des déchets ou de service des eaux. Il faut aussi davantage miser sur l’espace « rétro-littoral », c’est-à-dire sur ce maillage de villes moyennes ou sites accessibles depuis la côte et situés dans l’arrière-pays. L’offre patrimoniale de ces lieux, les musées ou l’architecture, comme à Pézenas ou Perpignan, peuvent tirer la fréquentation. Sur cette bande rétro-littorale, nous devons aussi mettre en avant la qualité des produits, promouvoir l’oeno-tourisme ou un tourisme gourmand.

Quelles seront les tendances touristiques de l’été 2020 en Occitanie ?
L’hôtellerie de plein air, qui enregistre une progression en 2019 de 1,6%, va continuer de tirer la fréquentation. Parmi cette clientèle, 74% sont des touristes résidant en France. C’est aussi une tendance nationale. Le tourisme des résidents tire la consommation.
La Région encourage cette logique de circuits courts qui limitent l’empreinte carbone. Notre volonté est de combiner à la fois développement touristique et tourisme durable. Notre campagne 2020 sera axée autour d’un tourisme vert mettant en valeur le littoral, le canal du Midi et les Pyrénées.
Propos recueillis par Isabelle Meijers

Sur la photo : Virginie Rozière, présidente du CRT Occitanie, veut mettre en avant l’offre touristique de l’espace rétro-littoral . Crédits : Hélène Ressayres - ToulÉco.