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Publié le dimanche 19 mai 2019 à 19h23min par Audrey Sommazi

Nombre d’eurodéputés, périmètre, Brexit… Ce qui va changer pour les élections européennes

Pourquoi voter le 26 mai ? Suscitant peu d’intérêt ou confisquées par les débats nationaux, les élections européennes révèlent pourtant des enjeux majeurs. Explications.

Trop complexe, trop éloigné, pas incarné… 68% des Français âgés de 18 à 25 ans affichent leur désintérêt pour le scrutin prévu le 26 mai 2019, selon un sondage Ifop pour l’Anacej, l’Association nationale des conseils d’enfants et de jeunes, publié au début du mois de mai. Les raisons ? De la complexité, voire un sentiment d’opacité, qui se traduit par une faible appétence pour l’institution européenne. Pourtant le scrutin du 26 mai présente des enjeux majeurs pour la France et l’Europe.

Pourquoi vote-t-on ?

Il s’agit de renouveler le Parlement européen en élisant, pour cinq ans, les eurodéputés qui partageront leur temps entre Strasbourg, où se trouve le siège du Parlement, et Bruxelles, en Belgique, où se tiennent notamment les réunions des commissions. L’élection de 2019 présente plusieurs nouveautés, dont la circonscription unique. Lors des élections de 2004, 2009 et 2014, la France était divisée en huit circonscriptions dans lesquelles étaient répartis les sièges à pourvoir. Cette année, le 26 mai, les 47,1 millions d’électeurs vont revenir à ce qui se faisait jusqu’en 1999 et donc voter pour des listes nationales, au sein d’une unique circonscription. Ils éliront au suffrage universel direct dans un système proportionnel. Ce qui signifie que ceux qui ont obtenu au moins 5 % des suffrages enverront des représentants au Parlement européen.

Les conséquences du Brexit sur le scrutin

La deuxième nouveauté de ce scrutin est le nombre de députés à élire. Si le Parlement sortant comptait soixante-quatorze eurodéputés français jusque-là, les électeurs doivent cette année désigner soixante-dix-neuf représentants, en raison du Brexit, qui entraîne la fin de la présence des Britanniques à Strasbourg. Et sur les soixante-treize sièges qu’occupaient les élus du Royaume-Unis, quarante-six sont « gardés en réserve » et pourront éventuellement être attribués à d’autres pays en cas d’élargissement de l’Union européenne. Les vingt-sept autres sièges seront répartis entre quatorze pays considérés comme sous-représentés. Cinq reviendront à la France. En 2019, le Parlement européen va donc passer de 751 à 705 élus.

Les compétences de l’Europe

C’est en juillet que les eurodéputés s’installeront au Parlement. Pour fonctionner, l’assemblée a besoin de se structurer en groupes politiques, qui auront chacun un temps de parole et des places attribuées dans les postes clés. Les députés des différents pays se regroupent donc par affinités politiques pour constituer des groupes parlementaires.

Conformément au Traité de Lisbonne, entré en vigueur à la fin 2009, l’Union européenne bénéficie de compétences exclusives pour légiférer sur l’union douanière, la concurrence sur le marché intérieur et la politique commerciale commune. Mais aussi la politique monétaire pour les pays ayant adopté l’euro, la politique commune de la pêche ainsi que la conclusion de certains accords internationaux.
Audrey Sommazi

Photo d’illustration - EC - Audiovisual Service

P.S. :
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