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Publié le dimanche 27 janvier 2019 à 17h55min par Philippe Font

« En cinq ans l’Occitanie a gagné l’équivalent de population d’une ville comme Albi »

Alors qu’une campagne de recensement va démarrer en Occitanie, les derniers chiffres de l’Insee témoignent du dynamisme de la population qui atteint 5,83 millions de personnes. Avec cependant quelques nuances, comme l’explique la directrice régionale de l’institut Caroline (...)

Caroline Jamet, vous êtes directrice régionale Occitanie de l’Insee. Quel est l’objectif de ce recensement ?
L’objectif est de recenser les populations légales car ce sont sur ces chiffres que sont attribuées les DGF (dotations globales de fonctionnement) aux communes. Ensuite les chiffres du recensement permettent de disposer d’informations précises sur la composition des ménages et des familles qui servent ensuite à acter la mise en place de nouveaux équipements ou d’infrastructures de transport.

Quelle est la situation de la région d’Occitanie ?
L’Occitanie est dynamique car elle possède deux métropoles. Sur la période 2011/2016 elle enregistre une augmentation de population de 0,8%, soit 47.000 habitants, ce qui représente l’équivalent d’une ville comme Albi en plus sur le territoire. Même si on enregistre un léger tassement par rapport à la période précédente (+1% de population entre 2006 et 2011), cette augmentation est deux fois plus importante qu’au niveau national ! Enfin les deux capitales de la région voient leur population augmenter : Toulouse a gagné 5600 habitants par an (+1,3%) sur la période 2011/2016, +9400 habitants pour la Métropole, tandis qu’à Montpellier, c’est + 3000 habitants pour la ville et + 7650 habitants au niveau de la Métropole soit une augmentation de 1,7%.

Cette attractivité se retrouve autour des métropoles ?
Le bilan est contrasté. Les inercommunalités autour de Montpellier affichent un gain de population, tandis que celles situées près de Toulouse affichent des résultats différents. Certaines enregistrent des augmentations (Sicoval, Save Touch, Coteaux de Bellevue), tandis que d’autres (Muretain, Frontonnais, Terres du Lauragais) voient leur population augmenter mais de façon moins importante. Par exemple sur la communauté Save, Garonne et Coteaux de Cadours, on enregistre une baisse de 2% de la population.

Quelle est la situation dans les départements ?
Sur les treize départements, trois seulement (Lot, Lozère et les Hautes-Pyrénées), perdent de la population (-0,1%), ce qui représente 150 à 300 habitants en moins par an. Derrière la Haute-Garonne et l’Hérault, on retrouve le Tarn-et-Garonne et les Pyrénées-Orientales, ainsi que les départements du littoral comme le Gard et l’Aude. L’Aveyron est également très dynamique, notamment l’agglomération de Rodez et Millau. Ce département a une croissance démographique qui lui est propre grâce à la Mecanic Valley, l’A75 et le viaduc de Millau. L’autre caractéristique concerne les départements ruraux, comme l’Ariège par exemple, qui gagne de la population uniquement grâce au solde migratoire. Sur ces territoires il y a davantage de décès que de naissances, . Et c’est un phénomène qui va s’amplifier.
Propos recueillis par Philippe Font

Sur la photo : Le recensement de 2019 devrait confirmer la dynamique démographique de la région Occitanie. Crédits : DR