Enjeux stratégiques, nouveaux domaines d’applications, outils de compétitivité, le secteur aérospatial a réalisé un bon exercice précédent et mise sur un bouquet de commandes, malgré des restrictions budgétaires planétaires. Les trois quarts des satellites programmés sont conçus à Toulouse par les deux leaders européens.

Avec plus de 8 milliards de prise de commande, un chiffre d’affaires en progression de +11%,
Astrium, sort d’une année record (grâce notamment à sept prises de commandes de satellites en télécoms). « …Soit le quart du marché mondial ». Forte de ces contrats signés, la branche spatiale d’ EADS s’attend à ce que 2010 soit aussi prometteuse, surtout en terme de satellites d’observation pour l’export (Corée du Sud, Chili, Algérie).
Réalisé en seulement 18 mois, le système SSOT d’observation de la Terre à applications duales civiles et de défense comporte un satellite doté d’une camera optique nouvelle génération, le segment sol de contrôle et de traitement des images assorti d’un programme complet de formation des équipes chiliennes.
« Cette réalisation démontre la capacité d’Astrium à réaliser des systèmes spatiaux compétitifs sur le marché export, en temps record », commente Jean Dauphin, directeur des programmes scientifiques.
Mais c’est avec l’innovation développée sur fonds propres, que la société devrait jouer son va-tout en matière de fourniture solaire depuis l’espace. Ses équipes, de « suncatchers », sont lancées dans la stupéfiante canalisation de cette énergie renouvelable, afin de la transférer par rayon laser avec un jeu de miroirs et la récupérer sur Terre.
De son côté, au sortir d’un bilan solide, notamment, grâce à la signature de sept satellites géostationnaires,
Thales Alenia Space tient ses objectifs. L’entreprise confirme aussi son expertise auprès de nouveaux clients : Gazprom en Russie et OverHorizon, nouvel opérateur basé aux Etats-Unis, en Suède et à Chypre. Après une « bonne année, mais pas extraordinaire », comme les précédentes, Thales Alenia Space Toulouse, ne s’attend pas à une croissance en 2010, mais compte maintenir ses activités et stabiliser ses effectifs, en fonction des commandes qui se profilent courant d’année.
« Bien que tempéré par la difficulté des financements mondiaux, le marché est bien présent. La crise financière a toujours des conséquences directes sur le ralentissement des projets et des programmes initiés », précise Henri-Paul Brochet, directeur du site de Toulouse.
De gros contrats comme Météo Sat, troisième génération (4 imageurs et 2 sondeurs), pour un montant de 1, 4 milliard d’euros, devraient se décider. De gros enjeux plus génériques, en électronique et vidéo, seront au menu de la compétition, sur appels d’offre, avec la concurrence. En sus d’une nouvelle activité de télécommunication militaire franco-italienne avec Athena-Fidus, le démarrage de O3b et Iridium devrait battre son plein cette année.
Anne-Marie Bourguignon
Photo DR - Thales Alenia Space Toulouse