ToulÉco

Publié le dimanche 10 février 2019 à 19h12min par Audrey Sommazi

Et si l’aéronautique était la piste de décollage de l’usine Bosch à Rodez ?

L’aéronautique est l’une des pistes envisagées par la direction de Bosch Rodez pour sortir le site de la crise du diesel. Explications.

Une journée marquée au fer rouge ? Ce mardi 5 février, à l’appel de la CGT dans le cadre d’une journée de mobilisation nationale pour la hausse des salaires, une cinquantaine de salariés de l’usine a cessé le travail. « Pour secouer un peu, nous voulions aussi bloquer les entrées et les sorties du site », précise Yannick Anglarès, secrétaire CGT à l’usine Bosch d’Onet-le-Château ( Aveyron).
Un projet douché par la direction. Car dans le même temps, le groupe a annoncé ouvrir le site dédié à la fabrication des injecteurs de moteurs diesel au secteur de l’aéronautique dans le cadre de sa reconversion industrielle. Et trouve dans la foulée un compromis avec les salariés.

« Le site de Rodez a fait une offre à une entreprise, dont je dois taire le nom », explique le secrétaire CGT. « Si elle est acceptée, la direction affirme vouloir investir ( dans l’outil industriel, NDRL). » De quoi réjouir le syndicat ? « Il s’agit d’une information. Je ne crois que ce je vois, comme Saint-Thomas. Il ne faut pas s’emballer, et cette décision concernerait une poignée de salariés », prévient le délégué.
« Le groupe a transmis une offre commerciale d’envergure à un client du secteur. C’est un cap de franchi et une récompense pour l’investissement et le travail fourni par les équipes concernées », se félicite de son côté la direction dans un communiqué. Contactée par ToulÉco, elle n’a pas souhaité ajouter de précisions.

Cependant, cette annonce intervient quelques jours avant une rencontre avec Airbus. Ce mardi 19 février, quatre ingénieurs du constructeur sont invités à « faire une évaluation des potentiels de notre usine », poursuit la direction dans cette même note.

Des montres de luxe à l’hydrogène

Pour faire face à l’effondrement des ventes de voitures diesel, le groupe allemand envisageait de supprimer plusieurs centaines d’emplois. Il y a renoncé après avoir signé en juillet dernier un "accord de transition" avec plusieurs syndicats, sauf la CGT, en échange d’un effort des salariés. En contrepartie, Bosch engage 14 millions d’euros sur la table pour moderniser l’une deux lignes d’injecteurs diesel de nouvelle génération. Les premières pièces homologuées sortiront de l’usine à la mi-mars pour une commercialisation dès le mois d’avril.

En parallèle, un groupe de réflexion industrielle (direction de l’usine, représentants du personnel et cabinet de conseil) se charge de trouver de nouvelles pistes industrielles. La fabrication des pièces des mécanismes des montres de luxe a été abandonnée en raison de son coût, mais le secteur de l’hydrogène, avec la production des systèmes de réfrigération des containers, semble intéressant.

« Oui, il y a des pistes mais elles ne concerneraient qu’une centaine d’emplois à l’horizon 2024. Or, nous craignons la suppression de 300 emplois, ou plus, avec l’arrêt en 2019 de la seconde ligne de production obsolète. Si aucune annonce n’est faite à la fin du mois de mars, nous verrons un PSE arriver grande vitesse », redoute Yannick Anglares.
Audrey Sommazi

Sur la photo : Le site de Bosch d’Onet-le-Château emploie 1500 personnes. Crédits : Rémy Gabalda - ToulÉco

P.S. :

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