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Publié le jeudi 25 janvier 2018 à 21h51min par Martin Venzal

Evènementiel. Diagora Labège veut devenir une salle de spectacles

Le centre de congrès et d’exposition du Sud-est toulousain cherche à diversifier ses activités. Après les événements professionnels et grand public, il s’oriente vers le culturel, avec une première série de manifestations dès cette année.

Avec ses 12.000 m² d’expositions, ses deux millions d’euros de chiffre d’affaires et ses quelque 250 événements hébergés chaque année, le centre de congrès Diagora Labège fait partie des salles d’événementiels bien installées en région toulousaine. Mais en fait de congrès, le lieu construit d’abord sa réputation sur les événements d’entreprises et les salons professionnels. « L’activité de congrès ne pèse elle que 12% de notre activité », précise Laurent Chérubin, PDG de Diagora, maire de Labège et vice président du Sicoval en charge du développement et de l’animation économique. « Nous capitalisons sur la fidélité de nos clients, avec un taux de 77% et une satisfaction importante lors de nos enquêtes clients. ». Le centre accueille aussi des événements grand public, comme le Toulouse Game Show. Une activité qui pèse pour 19% de son chiffre d’affaires.

Face à la concurrence grandissante d’autres salles (le domaine de Preissac, l’hôtel Palladia, la Cité de l’Espace ou encore le Centre de congrès Pierre Baudis, etc.), la direction de Diagora réfléchit à de nouvelles pistes. Cela tombe bien, il manque à la communauté d’agglomération du Sud-est toulousain (Sicoval) et à ses 77.000 habitants une salle de spectacles. C’est donc vers le culturel que Diagora choisit en 2018 de se diversifier. « Sans expérience et sans image, c’est toujours difficile. Il faut que les artistes aient envie de venir et cela prendra quelques années », reconnaît Laurent Cherubin, qui annonce déjà plusieurs événements pour les mois à venir.

Trois dates du Printemps du rire

Ainsi, le 24 mars, l’Orchestre de chambre de Toulouse se produira à Diagora dans le cadre de la saison d’hiver du Conseil départemental de Haute-Garonne. Autre rendez-vous notable, celui du Printemps du Rire, avec trois spectacles programmés : Didier Gustin, le 28 mars ; Cécile Giroud et Yan Stotz, le 31 mars ; le Duo des Non, le 11 avril.
« La salle Diagora n’est pas référencée dans le milieu du spectacle et pourtant, c’est une belle salle, bien équipée et qui correspond à ce que fait le Printemps du Rire », explique le directeur du festival Christian Savy, qui estime que « commencer une programmation dans une salle qui n’a pas de passé culturel représente un vrai investissement ».

Grande exposition de photos d’artistes

A noter qu’en 2017, Diagora Labège a changé de statuts pour prendre la forme d’une société publique locale type SPL, « un mode de gestion qui permet notamment d’avoir la réactivité dans le montage de dossier », explique Laurent Cherubin. Si celui-ci est contesté par le préfet de Haute-Garonne (lire encadré), il permet d’instaurer du dynamisme en portant des projets à vocation économique ou culturelle.

En attendant, Diagora reste une salle d’événements professionnels. Elle accueillera le salon de l’innovation régionale Midinnov le 1er février prochain. Sur ses murs a été accrochée une grande exposition de photographies de l’artiste toulousain Gilles Vidal. Des portraits en noir et blanc de personnalités allant d’Amira Casar à Jean Rochefort, et dont les regards tantôt affutés, tantôt perdus, scruteront les visiteurs de Diagora jusqu’en décembre 2018.
M.V.

Sur la photo : la salle Diagora Labège a accueilli plus de 120.000 visiteurs en 2017. Photo DR.

Un statut contesté

Le choix du statut de société publique locale choisi par la direction de Diagora pour gérer le site n’a pas plu aux autorités. Le préfet de Haute-Garonne a récemment contesté ce choix de mode de gestion au prétexte que l’actionnaire minoritaire, en l’occurrence la commune de Labège, ne partage pas la compétence culture avec l’actionnaire majoritaire - le Sicoval (97%). Or pour avoir droit à ce statut, les actionnaires doivent partager des compétences communes. Le tribunal administratif est donc saisi du dossier. Le PDG de Diagora et maire de Labège Laurent Chérubin n’exclut pas de faire évoluer l’actionnariat de la SPL si jamais la justice lui demande de revoir sa copie.