ToulÉco

Publié le mardi 10 avril 2018 à 19h03min par Audrey Sommazi

Fabien Jeanjean : « Dans l’hôtellerie et la restauration, nous devons revoir nos systèmes de production »

Le Toulousain de 34 ans a pris la tête du GIN- Synhorcat, l’organisation professionnelle des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs indépendants. Le président régional détaille sa feuille de route.

Fabien Jeanjean, vous avez été nommé l’an dernier président régional de cette organisation patronale. Quelle a été votre première action ?
Le syndicat connaissait des turbulences depuis 2014. Le nombre d’adhérents se réduisait comme peau de chagrin et ses coûts de fonctionnement étaient faramineux. Ma première mission a été de réduire les budgets en commençant par baisser le montant du loyer des bureaux situés place de la Bourse. Désormais, le syndicat est installé dans un local dans le quartier Arnaud-Bernard. J’ai aussi modifié ses statuts. Siègent au conseil d’administration quatre personnes par branche (restaurant, hôtel, discothèque, café brasserie et traiteur).
J’ai aussi repensé son fonctionnement en rayant le mot syndicat, terme déprécié qui ne correspond pas à la réalité. Car derrière chaque gérant d’établissement, il y a un chef d’entreprise. Aussi, notre organisation professionnelle, rebaptisée GNI Occitanie (Groupement national des indépendants) dans un an, doit apporter les outils pour que les entreprises se développent.

Vous représentez cinq branches professionnelles dont les besoins sont différents. Certaines professions souffrent d’une mauvaise image et peinent à recruter. Comment allez-vous y remédier ?
Pendant cinq mois nous avons fait un grand travail d’analyse par branche. Oui, on a abusé du système. Je le sais. Il faut revoir la grille des salaires et les conditions de travail. En parallèle, les attentes des clients ont changé. Ils veulent manger du fait-maison avec des produits locaux et de saison. Ainsi, nos métiers sont en mutation et nous devons revoir nos systèmes de production. Sinon, on met en péril économique notre entreprise. Après avoir dressé ces constats, il faut agir. J’ai renoué avec des partenaires, comme la mairie de Toulouse et l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie. Désormais, place aux applications.

Pouvez-vous en citer quelques-unes ?
Le projet d’un nouveau cash & carry, un fournisseur régional de produits régionaux, a été validé. Il doit s’installer au Grand marché (ancien Min, NDLR) en 2018. L’objectif est de proposer aux restaurateurs et traiteurs une offre locale variée. Nous mettons aussi en place des services pour répondre aux besoins des gérants. Avec des partenaires - collectivités, Grand marché, experts - nous organisons un atelier appelé café-croissant une fois par mois dans nos locaux autour d’une thématique. Nous créons un groupement d’employeurs qui va salarier des femmes de chambre, une secrétaire administrative, un community manager. Son objectif est de vendre du temps de travail aux adhérents (200 à Toulouse, 500 en région).
Propos recueillis par Audrey Sommazi

Sur la photo : Fabien Jeanjean, patron du restaurant Les deux pieds sous la table à Arnaud-Bernard, a défini les missions d’accompagnement, de défense et de promotion des métiers à l’échelle régionale. Photo Hélène Ressayres - ToulÉco.