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ToulÉco

Publié le mercredi 24 janvier 2018 à 22h44min par Julie Rimbert

Nicolas Lassabe : « Passer du prototype amateur à la création économique est un vrai challenge »

Installé dans les locaux du Multiple, dans le quartier Patte d’Oie, le FabLab toulousain Artilect a été le premier en France. La structure compte aujourd’hui plus de 1000 membres. Mais elle n’en est qu’à ses débuts, comme l’explique Nicolas Lassabe, son fondateur.

L’association Réseau français des FabLabs a été créée en 2016 à Toulouse, lors du FabLab Festival. Quel est son objectif ?
L’idée est de rassembler ces FabLabs de France pour échanger, fédérer les initiatives, en mutualisant les compétences et les connaissances, en matière d’assurances et de sécurité. Cela permet d’avoir une voix plus forte et définir ce qu’est un FabLab. Nous avons pu obtenir le « Fab 14 » en 2018, par le biais d’Artilect, qui portait la candidature de la France. Cet événement, qui se déroule chaque année dans une ville différente (Boston en 2015, Shenzhen en 2016, Santiago du Chili en 2017), réunit 1000 FabLabs du monde entier et accueille plusieurs dizaines de milliers de visiteurs.

Quelle relation a le FabLab de Toulouse avec celui de Montpellier ?

Le réseau FabLab Occitanie a été créé en 2015 pour réunir tous les FabLabs de la nouvelle région. Nous avions déjà des liens avec ceux de l’ancienne région Languedoc-Roussillon, avec qui nous avons répondu à des appels à projets, mais nous n’avons pas de collaboration particulière avec LabSud à Montpellier. Nous avons des contacts comme l’aide à la création ou le financement mais il est vrai que nous ne travaillons pas suffisamment ensemble. C’est une des volontés, avec cette nouvelle région, de mieux s’accorder.

La société Artilect Lab, la branche professionnelle de l’association Artilect, est en liquidation judiciaire. Est-il difficile de passer d’un réseau associatif à un réseau professionnel, générateur de business ?
Beaucoup d’entreprises avec qui nous travaillons (Airbus, Renault, Seb, etc.) demandaient une structure professionnelle plutôt qu’une association, mais la transition entre les deux peut être difficile à réaliser. Dans un FabLab, il y a deux parties liées : les professionnels qui travaillent entre eux, en recherche d’innovation mais qui veulent garder un lien avec les makers qui ont les connaissances, et les autres qui veulent plus avoir une portée grand public. Les deux ont du sens mais n’ont pas le même objectif de clientèle. C’est un challenge de passer de la personne qui prototype pour se faire plaisir à une vraie activité économique. D’où l’importance d’un réseau efficace pour éviter que de bons projets partent à l’étranger faute de capacité à les réaliser.
Propos recueillis par Julie Rimbert

Sur la photo : Nicolas Lassabe fondateur du FabLab Artilect à Toulouse. Crédits : Hélène Ressayres - ToulÉco.