ToulÉco

Publié le lundi 13 janvier 2020 à 18h30min par Sophie Arutunian

Formation des pilotes : Hinfact signe avec le Suédois Smart Eye

Grâce à l’ « eye-tracking », Hinfact, hébergée à l’Isae-Supaéro à Toulouse, propose une solution pour mieux former les pilotes d’avions et éviter les accidents liés à « l’erreur humaine ». La start-up vient de signer un contrat avec le géant européen du secteur.

Deux diplômés de l’Isae-Suparéo et trois chercheurs du laboratoire de facteurs humains et de neuro-ergonomie sont à l’origine de l’entreprise Hinfact. La toute jeune société a développé un outil de soutien à la formation des pilotes, baptisé Gazecraft, qui s’appuie sur un système embarqué d’ « eye tracking ». « On sait que les accidents ou incidents dans l’aéronautique sont souvent liés à des erreurs de monitoring (surveillance des paramètres de vols). C’est dû soit à un excès de stress, soit à un excès de confiance dans les automatismes », indique l’un des cofondateurs de la start-up, Thomas Bessières. « Lors de la formation des pilotes, les instructeurs ont trop de choses à faire en même temps, et en plus, ils sont à l’arrière du simulateur, ce qui ne leur permet pas de vérifier où se porte le regard du pilote. On sait par exemple que dans un cockpit, si aucun pilote ne regarde la vitesse pendant 20 secondes d’affilée, ça peut être grave », poursuit-il.

Ainsi, la solution logicielle de Hinfact est basée sur des caméras infra-rouge, discrètement réparties dans le simulateur de vol, qui filment le regard du pilote en formation, tandis que des algorithmes détectent et traitent les mouvements des pupilles. Ces données, couplées à celles du simulateur, offrent en temps réel une analyse très fine des comportements et des actions lors des différentes phases de vol.

Commercialisation en 2020

Hinfact annonce la signature d’un partenariat avec le géant du eye tracking, le suédois Smart Eye, « qui va nous ouvrir des marchés et des industries en dehors de l’aéronautique », explique Thomas Bessières, « car les sous-marins, les trains, les centrales nucléaires sont soumis aux mêmes problématiques que les avions ». L’officialisation de ce partenariat a eu lieu fin novembre sur le salon militaire Itsec, à Orlando.

Dès ce mois de janvier, la start-up, qui compte aujourd’hui onze salariés, va commercialiser sa suite logicielle pour la première fois et vise les quelque 300 compagnies aériennes majeures et les grands centres de formation indépendants. Des embauches sont prévues, ainsi qu’une levée de fonds « que nous retardons au maximum et que nous lancerons quand nous serons prêts » assure le confondateur.
Sophie Arutunian

Sur la photo : des pilotes en formation. Crédits : Hinfact - DR.