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Publié le mardi 14 février 2017 à 18h37min par Isabelle Meijers

Frédéric Honnorat : « Plus on est de fous, moins il y a de risques dans le financement »

Article diffusé le 11 janvier 2017

En créant Bankapart, une plateforme de financement d’une entreprise au sein d’un même réseau, Frédéric Honnorat fait le pari du fonds de solidarité. Un concept innovant.

Frédéric Honnorat, quel est le principe de Bankapart ?
Bankapart permet aux réseaux de professionnels de créer leur propre banque pour se cofinancer. Un exemple concret peut être un groupement de franchisés avec leur franchiseur. Ils décident de mettre en commun leur épargne pour aider à financer un nouvel entrant dans son installation. Ce système va créer un effet de levier, renforcer son apport et solidifier son dossier auprès d’un banquier. Ce fonds de solidarité entre pairs qui partagent un même intérêt facilite ainsi l’accès au crédit de l’un de leurs membres. Plus on est de fous, moins il y a de risques dans le financement. Bankapart agit comme une société de services qui permet aux entreprises de gagner en indépendance financière en utilisant la puissance des outils du financement participatif.

Ce concept de « Community Banking » est-il une véritable innovation ?
À ma connaissance, il n’existe rien de tel ni en France, ni à l’étranger. Bankapart est une plateforme internet créée en 2015. Nous enregistrons déjà deux communautés actives, l’une de professions réglementées, l’autre de logisticiens. Un gros réseau dans le domaine médical, de plus de 2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires, devrait également nous rejoindre. En moins d’un mois, n’importe quel réseau peut constituer chez nous sa propre banque. Nous ne facturons aucun frais de création de compte ou d’adhésion. L’argent de chaque entreprise prêteuse reste sa propriété, déposé sur son compte bancaire traditionnel. Il est alors relié à un porte-monnaie électronique géré par Bankapart qui prélève 1% de la transaction lorsqu’elle a lieu.

Comment vous est venue cette idée ?
Je suis moi-même depuis vingt ans un multi-entrepreneur et j’ai souvent été confronté à des difficultés de financement, notamment dans le cadre d’embauches, de trésorerie ou de transmission. Cette solution d’un réseau qui décide de son offre, du taux, de la durée, qui valide aussi la fiabilité de l’emprunteur par cooptation m’est apparue comme une source de financement complémentaire intéressante.

À quel rythme comptez-vous vousdévelopper ?
Nous avons déjà levé plusieurs centaines de milliers d’euros auprès du Toulousain Oïkos. Et nous venons d’engager une deuxième levée de fonds. Digital Place nous accompagne pour cette augmentation de capital qui pourrait avoisiner plusieurs millions d’euros. Nous sommes à la recherche de fonds institutionnels ou corporate. Cette rentrée va nous permettre de prendre une position forte sur le marché, avec un objectif de 300 millions d’euros d’épargne en provenance des réseaux en 2020.
Propos recueillis par Isabelle Meijers
Photo Hélène Ressayres