ToulÉco

Publié le dimanche 22 septembre 2019 à 20h01min par Sophie Arutunian

« French Tech Toulouse doit repérer les startups qui évoluent en dehors des radars »

La présidente de French Tech Toulouse Sandrine Jullien-Rouquié était à Paris la semaine dernière pour assister aux annonces du Gouvernement concernant les startups françaises. Elle confie à ToulÉco sa satisfaction et les défis qui attendent désormais l’écosystème toulousain.

Sandrine Jullien-Rouquié, le Président Emmanuel Macron a annoncé que les grands investisseurs institutionnels français, banquiers et assureurs, vont investir cinq milliards d’euros pendant trois ans dans les jeunes entreprises en croissance du secteur technologique. L’argent, c’est ce dont manquent les startups ?
Oui, et c’est donc une excellente nouvelle. En 2018, le total des montants levés par les startups françaises était de 3,6 milliards d’euros. Cinq milliards d’euros sur trois ans, c’est énorme ! L’enjeu est de taille puisque l’idée est d’éviter que les startups françaises en besoin de capitaux ne soient rachetées par des fonds américains ou chinois. Néanmoins, cet argent sera fléché aux entreprises dont le tour de table atteint 50 millions d’euros minimum. Ce n’est pas tout le monde qui en est à ce stade. Nous fléchons clairement les licornes car nous sommes en retard sur ce créneau : il en existe 99 en Chine, 194 au Etats-Unis et 7 en France (BlaBlaCar, Deezer, Doctolib, Ivalua, Meero, OVH et Veepee, NDLR). L’objectif est d’en avoir vingt-cinq en 2025.

Du coup, Toulouse est-elle concernée ?
Sans surprise, ici c’est Sigfox qui est davantage concernée et qui rejoint le Next40, ce nouvel indice créé pour aider quarante startups hexagonales prometteuses. Quand on creuse un peu, on voit d’ailleurs que sur les quarante, il n’y en a que six ou sept qui viennent de province, les autres sont toutes parisiennes. Et il n’y en a qu’une seule dirigée par une femme, Frichti. Néanmoins, nous comptons être davantage présents sur le tout nouveau programme French Tech 120. Ce dispositif, qui va remplacer le Pass French Tech à partir du 1er novembre, offre un accompagnement prioritaire aux 120 startups les plus prometteuses du pays et englobe les lauréats du Next 40. Nous misons sur dix à quinze startups de Toulouse dans ce FT120.

Comment « sourcer » ces startups ?
C’est un des grands enjeux de la Fench Tech Toulouse : repérer les startups prometteuses qui ne sont pas forcement dans le numérique à proprement parler, qui se développent en dehors des radars car elles ne sont pas référencées dans les différents incubateurs du territoire. C’était le cas de ma société, Ludilabel, avant d’intégrer le Pass French Tech.
Il faut aller chercher les projets portés par des personnes issues des quartiers prioritaires de la ville, des immigrés, des bénéficiaires des minimas sociaux, des étudiants boursiers. C’est ce que permettra le French Tech Tremplin, doté de fonds spécifiques. Nous espérons accompagner dix à dix-huit projets toulousains dans ce cadre-là et nous nous sommes déjà rapprochés de l’Université de Toulouse. Ils pourront notamment bénéficier du réseau French Tech à l’international qui est très efficace, avec quarante-huit villes French Tech dans le monde.

La Fench Tech Toulouse a souvent été pointée du doigt pour les rivalités qui opposent ses différents acteurs. Avez-vous réussi à fédérer tout le monde ?
C’est vrai, ce qu’il manquait à Toulouse, c’est un écosystème soudé. J’ai pris la présidence de French Tech Toulouse car il avait été décidé au niveau national que les French Tech devaient être remises aux mains des entrepreneurs (ce qui n’était pas le cas du précédent directeur délégué French Tech, Philippe Coste NDLR). C’est fait, ce n’est pas simple car j’ai mon entreprise à faire tourner en même temps, mais c’est une bonne chose.
Par ailleurs, la French Tech se veut au dessus de la mêlée. Nous ne sommes pas un incubateur de plus en concurrence avec les autres. Nous sommes là pour les mettre en valeur et il n’y a pas de politique chez nous. J’en veux pour preuve les personnes qui siègent au board et qui représentent aussi bien Digital 113 que La Mêlée ou encore l’Iot Valley. On avance et on se structure.
Propos recueillis par Sophie Arutunian

Sur la photo : Sandrine Jullien-Rouquié. Crédit photo Crédit : Hélène Ressayres - ToulÉco

Bientôt un nouveau DG

Sandrine Jullien-Rouquié annoncera d’ici début octobre le nom du futur directeur général de French Tech Toulouse. « Nous avons reçu une vingtaine de candidatures très qualifiées, certaines venant de l’international. Nous avons une short-list de cinq noms et allons bientôt faire notre choix. » Un autre recrutement aura lieu courant 2020 pour un poste de responsable des communautés.