ToulÉco

Publié le mercredi 6 février 2019 à 18h38min par Béatrice Girard

Didier Bosque : « Le principe du management collaboratif, c’est que l’on peut l’appliquer sans limite »

Acteur de la transformation numérique, Sopra Steria qui compte 2800 collaborateurs à Toulouse, dont 180 experts en cyber-sécurité, accompagne entreprises et collectivités dans leur processus de transformation digitale. Illustration avec Didier Bosque, digital transformation & innovation (...)

Didier Bosque, vous prônez pour les entreprises de nouveaux modes de collaborations, pourquoi ?
En effet les nouvelles technologies induisent de nouvelles façons de travailler et notre conviction c’est que l’un des facteurs clé du succès, réside dans la collaboration inter-entreprises. C’est ce que j’appelle le management collaboratif. Les entreprises sont au départ dans des postures verticales, mais elles perçoivent assez rapidement, les enjeux communs dans ce mode de fonctionnement. Ces collaborations permettent d’augmenter la sécurité, et la compétitivité et de réduire les coûts. Elles se concrétisent sous forme de plateformes digitales, et en tant qu’acteurs de la transformation numérique, nous les accompagnons dans ce cheminement.

Avez-vous des exemples de projets déjà aboutis ?
Nous avons proposé dès 2007 dans le cadre d’Aerospace Valley de créer un ciel virtuel partagé (share virtual sky) pour inciter avionneurs et spécialistes du contrôle aérien au sol à travailler ensemble. Ce système dans lequel le digital joue un rôle important, a vu le jour dans le cadre du programme européen Sesar. Il nous aura fallu deux ans et demi pour convaincre les entreprises. Mais elles ont finalement compris l’intérêt d’une vision commune et adhéré à ce ciel virtuel partagé qui met en évidence de nouvelles façons de travailler entre pilotes et contrôleurs.

D’autres exemples ?
Le deuxième projet concerne l’utilisation de la cyber sécurité -l’une de nos expertise- dans la supply chain aéronautique. C’est un concept baptisé Box@PME qui permet de récupérer des informations (analyses de traces des systèmes d’informations) sous la responsabilité de l’entreprise puis de les soumettre au centre de cyber sécurité. On utilise alors la puissance du digital en terme d’IA et de Big Data pour détecter des comportements anormaux dans ces traces de systèmes d’informations.
Le troisième projet plus récent est financé par la commission européenne. Il a démarré cette année et se poursuivra jusqu’en 2020 et concerne la décongestion des villes. Dans ce cadre, nous avons imaginé Comute, une plateforme de management collaboratif dans laquelle la Métropole s’est positionnée en écosystème manager avec Tisséo et quelques grandes entreprise Airbus, Safran, ATR. En tant que responsables de la plateforme, Sopra Steria apporte son expertise sur les technologies du digital. L’objectif est d’analyser les flux de mobilité dans la métropole, de décider des plans d’actions et d’en évaluer l’impact.

Le management collaboratif se limite-t-il à certains sujets ?
Au contraire, le principe du management collaboratif, c’est que l’on peut l’appliquer sans limite. Par exemple l’aire urbaine mobility, c’est-à-dire comment créer de l’espace collaboratif entre la smart city et le transport aérien sont des sujets potentiels. Autre axe, la transition énergétique à l’échelle d’un territoire…
Propos recueillis par Béatrice Girard
Photo DR