ToulÉco

Publié le dimanche 17 novembre 2019 à 18h43min par Johanna Decorse

Gilets jaunes : un an après, le parquet de Toulouse dresse le bilan

Ils étaient encore présents en nombre ce samedi 16 novembre dans les rues de Toulouse. Un an après le début du mouvement des gilets jaunes, les pouvoirs publics dressent un premier bilan judiciaire, tandis que dans la rue, la mobilisation ne faiblit pas.

Le procureur de la république de Toulouse a dressé ce vendredi 15 novembre le bilan judiciaire après un an de mobilisation du mouvement des gilets jaunes. À l’issue des manifestions organisées dans les rues de Toulouse depuis le 17 novembre 2018, Dominique Alzéari a annoncé le nombre de 792 interpellations qui ont débouché sur 663 gardes à vue au total. Le procureur de la République a recensé 135 comparutions immédiates et 110 convocations par procès verbal avec placement sous contrôle judiciaire. Au total, 190 procédures ont été classées sans suite par le parquet et dix informations judiciaires ont été ouvertes.

Si la justice doit encore examiner 122 affaires, elle en a jugé 319 définitivement qui ont débouché sur 22 relaxes et 47 condamnations fermes avec mandat de dépôt pour des peines allant de quelques mois deux mois à trois ans de prison.
Le chef du parquet de Toulouse a également annoncé que quarante-trois plaintes avaient été déposées en un an contre les forces de l’ordre ; dix-neuf ont été classées sans suite et vingt-et-une font toujours l’objet d’une enquête.

Deux informations judiciaires ont été ouvertes pour blessures graves et l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie onze fois mais aucun fonctionnaire n’est poursuivi pour l’instant. « Le parquet ne classera pas sans suite dans les cas de blessures graves », a promis le procureur.

Du côté des forces de l’ordre, cinq gendarmes ont été blessés et 177 policiers ont déposé plaintes pour atteinte à leur intégrité physique. 

Plusieurs milliers de personnes à Toulouse samedi

« Le bilan est conséquent et correspond à l’ampleur qu’a pu prendre ce mouvement dans ses débordements », a souligné Dominique Alzéari en précisant que durant cette année de mobilisation, la réponse pénale « individualisée et diversifiée » s’était intégrée « dans une politique pénale toute à fait habituelle ».

En attendant, Toulouse a de nouveau été le théâtre de débordements ce samedi 16 novembre. Plusieurs rassemblements ont été recensés en Haute-Garonne et malgré un arrêté préfectoral interdisant toute manifestation des gilets jaunes, des regroupements ont donné lieu à de nouvelles échauffourées. La mobilisation a été particulièrement soutenue avec entre 2000 et 5000 personnes défilant dans les rues de la Ville rose. Samedi soir, le bilan est venu alourdir celui du procureur de la république : vingt-trois personnes ont été interpellées, six blessés légers sont à déplorer ainsi que plusieurs incidents : dégradations de caméras et d’une barrière de péage, feux de poubelles et barricades.
J.D. et M.V.

Sur la photo : les manifestations se sont poursuivies tout le mois d’octobre. Crédits : Théo Renault - ToulÉco