ToulÉco

Publié le mercredi 15 mai 2019 à 19h10min par Johanna Decorse

Glyphosate. Le rapport polémique attendu ce jeudi 16 mai

Le rapport parlementaire sur le travail des agences sanitaires au sujet du glyphosate doit être rendu ce jeudi 16 mai. La polémique suscitée en début de semaine par les propos du sénateur de Haute-Garonne Pierre Médevielle relance le débat autour de l’herbicide.

Quatre élus membres de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques rendront ce jeudi 16 mai leur rapport sur l’évaluation de l’impact sanitaire et environnemental des pesticides, dont le glyphosate, par les agences française et européennes. Un rapport très attendu après la polémique provoquée par les propos du sénateur UDI de Haute-Garonne, Pierre Médevieille, dans La Dépêche du Midi le dimanche 12 mai. L’élu centriste du Comminges, vice-président de l’OPECST [1] y affirmait que l’herbicide controversé n‘était pas cancérogène, en tout cas « moins que la charcuterie ou la viande rouge qui ne sont pas interdits ». Cédric Villani, premier vice-président de l’OPECST et député LREM a précisé que ce rapport n’apportait pas de nouvelle conclusion sur le glyphosate et que Pierre Médevielle n’avait fait qu’exprimer des convictions personnelles.

« Une opinion personnelle »

Ce que le sénateur centriste a confirmé à ToulÉco. « J’ai fait part d’une opinion personnelle. J’ai travaillé pour la commission des affaires européennes et la commission du développement durable de l’Assemblée nationale. Aucune étude scientifique ne prouve que le glyphosate est cancérogène. Seul le Centre international de recherche sur le cancer de Lyon l’a classé cancérogène probable. Pour la majorité des agences dont l’Anses [2], et de l’Afsa, son homologue européen, il est classé comme peu probable », se justifie Pierre Médevielle. Le sénateur confirme aussi que le but du rapport, qui a nécessité quatorze mois de travaux et d’auditions, était bien de dépassionner le débat autour de la fameuse molécule herbicide. « Avec le glyphosate, on est dans la psychose, le doute et la peur. Un discrédit a été jeté sur les scientifiques, les agences sanitaires et le monde agricole. Notre travail a consisté à formuler des préconisations pour apporter une meilleure coordination entre les agences sanitaires et améliorer leur évaluation », ajoute Pierre Médevielle.

600 plaintes déposées

« Il y a un décalage entre les études des agences sanitaires qui considèrent la substance seule et les études médicales scientifiques qui travaillent sur le produit complet et son effet cocktail et montrent sa dangerosité pour la santé », explique Dominique Masset, l’un des initiateurs de la Campagne Glyphosate. Lancée en juin 2018 en Ariège par le collectif des Faucheurs volontaires, elle vise à rechercher le taux de glyphosate dans les urines des citoyens et à l’issue, à porter plainte contre les fabricants et décideurs qui autorisent ces produits.

Quelque 400 plaintes ont déjà été enregistrées devant le tribunal de Foix et 600 au total en France, dans trente départements. 1800 autres devraient être déposées dans les semaines qui viennent. Mais pour l’instant, rien n’a bougé sur le plan réglementaire. Fin 2017, les États membres de l’Union européenne ont renouvelé pour cinq ans la licence du désherbant classé "cancérigène probable" depuis 2015 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS,. En France où il est interdit aux particuliers à la vente comme à l’utilisation et dans les espaces publics, le gouvernement a également reculé. Le Président Emmanuel Macron qui s’était engagé à une sortie du glyphosate en 2021, a fait machine arrière en janvier 2019 en déclarant que la France ne parviendrait pas à s’en passer « à 100% » d’ici trois ans.
Johanna Decorse

Sur la photo : L’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques doit rendre jeudi 16 mai un rapport sur l’évaluation de l’impact sanitaire et environnemental des pesticides, dont le glyphosate, par les agences française et européennes. Crédits : DR

(1) .

Notes

[1Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques

[2Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail