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Publié le jeudi 4 mai 2017 à 20h10min par Isabelle Meijers

Groupe Cahors : « Un capitalisme familial permet de développer une vision à long terme »

François-Xavier Hédon, nommé directeur général du groupe Cahors en novembre 2016, a succédé à Michel Hibon qui occupait ce poste depuis vingt-trois ans. Un bouleversement pour cette ETI familiale, spécialiste des réseaux de distribution électrique, fluides et communication.

François-Xavier Hédon, pour la première fois de son histoire débutée en 1910, le groupe Cahors est dirigé par un homme qui n’appartient pas au sérail des trois familles actionnaires. N’est-ce pas difficile de succéder à quatre générations de dirigeants familiaux ?
J’ai déjà dirigé dans ma carrière plusieurs PME ou ETI familiales. Cette évolution du groupe Cahors se fait dans la continuité avec une feuille de route précise. Ce n’est pas une rupture. La société doit se développer et améliorer sa rentabilité de 4% du résultat d’exploitation aujourd’hui pour le porter à 8%. Un capitalisme familial permet de développer l’entreprise de façon progressive, dans la durée, avec une vision de long terme. L’investissement est patient. Nous avons d’ailleurs beaucoup investi dans l’outil de production, avec une nouvelle usine à Toulon, mais aussi dans nos centres de production à l’étranger, en Espagne, au Maroc, en Chine ou en Inde. Le tout représente un montant de près de 70 millions d’euros sur la période 2000-2016. Aujourd’hui, il nous faut baisser nos coûts, maîtriser nos marges tout en augmentant nos ventes.

Quels sont les marchés que vous ciblez pour vous développer ?
Notre croissance, après un bond de 13% en 2016, devrait progresser à un rythme plus faible pour atteindre 250 millions d’euros de chiffre d’affaires, contre 230 millions d’euros en 2016. Nos marchés en Europe sont stables sauf sur le segment des smart grids (réseaux intelligents, NDLR). Nous avons été retenus par Enedis pour fournir le premier concentrateur indispensable au déploiement du compteur communicant Linky. Un marché qui devrait s’étendre puisqu’une directive européenne prévoit la mise en place de compteurs télé-relevés dès 2021. Le déploiement de la fibre optique nous intéresse également. A l’export, nous sommes très bien positionnés en Afrique dans les programmes d’électrification soutenus par la Banque mondiale. Notre objectif est de passer notre part de chiffre d’affaires à l’export de 30% à 40% rapidement.

La réduction de vos coûts passera-t-elle par un PSE ?
Non, il n’y aura pas de plan social. Cela se fera sans douleur, par des non remplacements de départs à la retraite par exemple. Nous optimiserons nos structures actuelles, dont certaines sont déjà délocalisées et nous améliorerons la productivité administrative. Je respecterai nos valeurs d’un capitalisme familial social, en maintenant de bonnes relations avec les instances du personnel. Notre turn-over est d’ailleurs très faible, de l’ordre de 3 à 4% maximum. Enfin, nous consacrons chaque année près de 6% de notre chiffre d’affaires à la R&D. L’innovation en matière d’efficacité énergétique est l’un des moteurs de notre développement.
Propos recueillis par Isabelle Meijers
Photo DR

Le Groupe Cahors en chiffres

Créé en 1910 à Cahors
5 centres de production en France
5 sites de production en Espagne, Maroc, Chine et Inde
12 filiales dans le monde
1750 salariés dont 480 à Cahors
Chiffre d’affaires 2016 de 230 millions d’euros