ToulÉco

Publié le jeudi 21 mars 2019 à 17h50min par Audrey Sommazi

Haute-Garonne. Valérie Récher dresse de drôles d’animaux

À Frouzins, au château des Demoiselles, vivent des volatiles fascinants que Valérie Récher apprivoise. Cette dresseuse de rapaces propose des stages pour initier le public à l’affaitage.

I ci, ni veau, ni vache, ni cochon. Valérie Récher s’est entourée d’une équipe un poil particuliere. Miss Parker, la cigogne blanche, craquette pour dire bonjour. Coco la corneille se laisse embrasser sur le bec. Gaston le vautour à dos blanc, qui s’est révélé être une femelle à 15 ans, attend l’heure du déjeuner. Altaï, le hibou grand duc de Sibérie, pousse son cri de façon répétitive et l’oie Saturnin se prépare à jouer dans une comédie policière. Sans oublier les buses, les pigeons et… un être humain.

Au centre des volières, munie d’un gant en cuir épais et d’une fauconnière remplie de victuailles, la dresseuse de rapaces s’apprête à entrer dans l’arène. Avec une grande douceur, et beaucoup de patience, elle communique différemment avec chaque espèce, les pèse, les nourrit de poussins d’un jour et les fait voler.

Bêtes de scène

« Je me sens bien avec les oiseaux, explique simplement Valérie Récher. Sauvages, ils sont fascinants et j’aime les observer. Mais je me dois de trouver une équilibre avec eux ». Une relation de confiance doit s’instaurer. Car le moindre faux pas peut lui être fatal. Une morsure de bec crochu est fortement envisageable. « Si je fais une erreur de manipulation, ils me sanctionnent mais je ne leur en veux pas. Ils me remettent à ma juste place », ajoute-t-elle, sans tourner le dos à Spike, le pygargue à tête blanche, qui l’observe avec des yeux jaunes perçants. « Dans la volière, je suis chez lui, c’est son territoire », précise la dresseuse, le regard planté dans celui de l’aigle.

Pour inviter le public à se familiariser avec son univers singulier et intriguant, elle propose des stages de fauconnerie. Rassemblés en petit groupe de quatre, les participants apprennent à manipuler les oiseaux pour les porter et les faire voler. Valérie évoque aussi avec eux la chasse et leur place dans l’écosystème, avant de les emmener en balade dans les bois, suivis par Guay et Ganesh, les buses de Harris. Entre deux stages, Valérie dresse son cheptel pour le cinéma, la télévision et le théâtre. Indy, le chien bâtard du Gers surnommé Chouchounou, vient de tourner un épisode de la série Mongeville aux côtés de Francis Perrin. Et en janvier, la chienne Ginger sera la compagne de Julie Depardieu dans Alexandra Ehle sur France 3.
Audrey Sommazi
Photo Rémy Gabalda - ToulÉco