ToulÉco

Publié le dimanche 3 février 2019 à 17h24min par Nathalie Sanselme

Heredis : le statut de Scop lui va comme un gant

Numéro un sur le marché français grâce à son logiciel de généalogie, Heredis a été boostée par la reprise en 2014 par ses salariés sous le statut de coopérative. La société voit son chiffre d’affaire et ses perspectives de croissance s’envoler.

Heredis réalise 1,3 million d’euros de chiffre d’affaires en 2017 pour un résultat net de 570.000 euros, soit 42 % de rentabilité et un objectif de 1,7 million d’euros de chiffre d’affaires en 2021. Ces bons chiffres ont éveillé l’intérêt de nombreux financeurs, sauf les business angels et pour cause : en raison de son statut de Scop, le capital de la société Heredis doit être détenu majoritairement par les salariés. « On y tient », lancent en choeur les trois co-gérants, tout en faisant découvrir l’open space de 450 m2 réaménagé il y a dix-huit mois. Sur les vingt salariés, neuf ont été acteurs en 2014 de la reprise de la société.

Créée il y a vingt-cinq ans sous le nom de BSD concept, l’entreprise est saine quand ses fondateurs décident en 2012 de prendre leur retraite et de vendre la société. Déjà l’idée d’une reprise par les salariés fait son chemin : le projet retenu permet de doubler les effectifs et de développer l’activité. Même si durant dix-huit mois, la lourdeur administrative parfois « insupportable » selon les repreneurs retarde la finalisation du dossier de reprise.

« Bien mieux en équipe »

Durant cette période, les repreneurs sollicitent le soutien de l’Union régionale des Scop Languedoc-Roussillon notamment pour le volet formation. Dans ce cadre, le projet évolue : BSD concept est rebaptisé Heredis, intègre la première promotion Alter Venture, l’accélérateur de start-up de l’économie sociale et solidaire et obtient le soutien financier de BPI France. Dans le même temps, elle franchit un cap en s’ouvrant à l’international, notamment en Amérique du Nord et en Europe. « En quatre ans on s’est libérés, jusqu’à exposer au salon mondial de généalogie " Roots Tech " à Salt Lake City.

Le collectif est la clé de notre succès, une force bien supérieure à deux ou trois seules têtes pensantes », explique la co-gérante Audrey Cavalier, selon laquelle « on fait beaucoup plus et mieux quand un projet a été décidé en équipe ». Arrivée à la vingtième version de son logiciel, doté notamment du matching permettant de trouver des correspondances entre les arbres généalogiques, Heredis a de beaux jours devant elle : le Web et la numérisation des données ont ouvert la généalogie à une nouvelle catégorie d’utilisateurs plus jeunes, capables de retrouver leurs ancêtres depuis leur canapé.
Nathalie Sanselme

Sur la photo : Heredis est détenu par ses salariés via sons statut de Scop. Crédits : DR