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Publié le dimanche 26 mars 2017 à 21h06min par Martin Venzal

Hop ! Air France : « Face aux low cost, il n’y a pas de fatalité »

La Navette Air France fête ses vingt ans à Toulouse. Alain Malka, directeur général délégué Hop ! Air France, revient sur l’évolution de la compagnie et sur cette liaison qui a su trouver sa place entre la Ville rose et la capitale.

Alain Malka, quelle est la situation économique de la compagnie Hop ! Air France ?
Il y a quelques années, nous perdions beaucoup d’argent. Depuis, nous avons réduit très nettement nos pertes et notre plan de route est de les réduire encore, afin de revenir à l’équilibre à l’horizon des exercices 2017 et 2018. Nous avons la chance d’avoir une clientèle fidèle et qui nous suit.

A Toulouse, on parle beaucoup du grand chantier du TGV. La ligne Bordeaux Paris va représenter un vrai challenge pour votre compagnie…
L’arrivée du TGV à Bordeaux va être une vraie bataille. Mais nous avons aussi les compagnies low cost qui montent en pression en France. Sur la clientèle affaires, nous avons moins ce challenge car nous avons à faire à des clients toujours exigeants. Sur Bordeaux, le TGV va chercher à s’aligner sur nos prix. Or, nous avons des prix qui débutent à partir de 49 euros, avec des promotions régulières à moins de 39 euros…

Et sur Toulouse ?
A Toulouse, le TGV ne ralliera pas Paris à moins de trois heures. Et donc, la Navette gardera toute sa place, car elle restera très pertinente en terme de prix mais aussi en terme d’horaires. Certes, le TGV a pour lui le volume, mais il n’emboîte pas un départ toutes les heures… D’ailleurs, à Lyon, nous avons conservé la Navette avec un système de hub, malgré le TGV.

Lancée à Toulouse en 1996, la Navette célèbre ses vingt ans. Qu’est ce que cela vous inspire ?
A l’époque, on croyait vraiment au succès de la Navette. Mais on ne pensait pas fêter les cent millions de passagers sur vingt ans avec cinq Navettes différentes. La souplesse qu’offre la fréquence de cette liaison est un vraie gage de réussite.

Depuis vingt ans, le marché s’est beaucoup diversifié. Les low cost notamment, sont venues prendre des parts de marché.
Oui nous devons faire face aux low cost, mais elles ne fonctionnent pas comme Hop !. Nous répondons à une clientèle loisirs où le client n’a pas de surprise sur les options et où les prix d’appel concernent un important nombre de sièges. Nous nous adressons aussi à d’autres segments de clientèle toujours de façon adaptée. Par rapport à la clientèle d’affaires, nos cartes d’abonnement offrent un vrai avantage à nos clients. Sur la base de Toulouse, notre parc abonnés a ainsi progressé de 10%. A l’arrivée, la concurrence est féroce, certes, mais nous arrivons tout de même à améliorer notre résultat. Face aux low cost, il n’y a pas de fatalité.

Quelles sont les tendances que vous anticipez dans les prochaines années ?
L’utilisation des nouvelles technologies se généralise tout au long de la chaîne, de la réservation à la carte d’accès, grâce aux appareils mobiles. Demain, la connectivité à bord deviendra la règle. Reste à savoir pour quels besoins : l’utilisation de données pour des contenus multimédia ou bien le téléphone via les satellites. Cela va arriver dans les dix ans à venir..
Propos recueillis par M.V.

Crédits : Air France