ToulÉco

Publié le mercredi 10 juillet 2019 à 20h47min par Johanna Decorse

Hugo Schumann : « Je suis dans un discours de réalité sur la mine de Salau »

Directeur exécutif d’Apollo Minerals, Hugo Schumann incarne depuis plusieurs mois le projet de réouverture de la mine de tungstène de Salau, en Ariège. Le Sud-Africain défend le dossier face à des opposants qui l’accusent de « vendre du rêve ».

Apollo Minerals, Variscan Mines, Mines du Salat, Ariège Tungstène… Pourquoi autant de sociétés derrière le permis d’exploration de la mine de Salau ?
Apollo Group est un groupe minier australien dont l’exécutif gère aussi la société Apollo Minerals, dédiée au permis exclusif de recherche minière de Couflens et au projet d’extension en Espagne. Apollo Minerals est propriétaire à 100 % de Variscan Mines, titulaire du permis d’exploration, d’Ariège Tungstène et de Mines du Salat (créées respectivement pour le transfert de fonds et la partie opérationnelle, NDLR). Nous menons actuellement une étude interne pour fusionner Variscan Mines et Mines du Salat et simplifier ainsi la structure. Par ailleurs, je veux faire d’Ariège Tungstène une société de recherche de nouveaux projets liés au tungstène en France et en Europe. Elle aura aussi vocation à lever des fonds pour financer par exemple l’usine de valorisation de tungstène que nous voulons ouvrir à Saint-Girons.

L’un des experts a déjà confirmé la présence d’amiante dans la mine…
Je ne suis pas un expert, j’ai confiance dans les spécialistes choisis par l’État. J’attends leurs résultats. Le sujet de l’amiante est très sensible en France. Le but et l’esprit de la convention tripartite que nous avons signée avec l’État en mars 2017 est de garantir la santé et la sécurité des travailleurs dans la mine. Il est trop tôt pour avoir des inquiétudes.

Vous présentez la mine de Salau comme l’un des plus grands gisements en France et en Europe…
Aujourd’hui il est trop tôt pour connaître la taille du gisement et la teneur de tungstène dans la roche car nous n’avons pas commencé la phase d’exploration. Nous avons accès aux archives du BRGM et de l’ancien exploitant. Ils ont procédé à quelque 3000 sondages qui nous ont permis d’élaborer un modèle en 3D. Nous avons une bonne compréhension de la géologie et du potentiel du gisement mais [nous devons vérifier ces informations par nous-mêmes.

Apollo Minerals en fait pourtant le principal argument de sa communication…
L’ancienne mine était l’une des plus importantes au monde, avec les teneurs parmi les plus élevées. Elle a fermé à cause de la concurrence chinoise. Depuis le rachat de Variscan Mines par Apollo Minerals et mon arrivée en septembre 2018 au poste de président, je travaille à expliquer ce projet. Je suis dans un discours de réalité.

Mythe ou réalité justement ? Pour vos opposants, ce permis n’est qu’un objet de spéculation…
Apollo Minerals est une filiale d’Apollo Group qui bénéficie de l’une des meilleures réputations pour le développement de projets miniers dans le monde auprès des investisseurs comme des acteurs locaux, pour sa transparence notamment. Nous avons investi plus d’un milliard de dollars en vingt ans dans ce secteur. Nous investissons dans le projet de Couflens parce que nous connaissons son potentiel pour le tungstène mais aussi pour l’or, potentiel qui n’a pas été appréhendé ni estimé par les anciens exploitants. Nous analysons environ cinq cents dossiers par an et nous investissons dans un seul. Couflens est un vrai et un excellent projet de recherche pour lequel j’ai déjà levé 4 millions d’euros en avril 2018 auprès des fonds BlackRock et Old Mutual.

Et sur le volet environnemental ?
Nous avons visité avec des élus locaux ariégeois la mine de Mittersill en Autriche qui confirme qu’il est aujourd’hui possible, grâce à des technologies modernes, d’exploiter une mine de façon responsable. C’est un peu la soeur de Salau, située à l’intérieur d’une montagne, dans un parc naturel. L’exploitant utilise les nouvelles technologies mais aucune chimique. L’extraction de tungstène se fait avec des huiles végétales et les déchets, non toxiques sont conservés à 50 % dans la mine et à 50 % répandus dans des champs. Nous pouvons reproduire ce modèle, propre et responsable, pourvoyeur d’emplois et de retombées économiques dans la vallée, tout en participant à l’approvisionnement en tungstène de donneurs d’ordre comme Airbus, Michelin, Peugeot qui dépendent à 80 % des Chinois. Notre projet est d’assurer une source d’approvisionnement pour la France.
Propos recueillis par Johanna Decorse
Photos Hélène Ressayres - ToulÉco

1 Commentaire

  • Le 16 juillet à 12:39 , par Jean-Paul ANTONIOLI

    Ce projet de ré ouverture de l’exploitation de la mine de Tungstène de Salau , est un bon projet , dès le moment où il va utiliser les Nouvelles Technologies , développées dans La Mine de Mittershil Autrichienne , l’Autriche étant également une grande défenseuse de l’Environnement … Les Méthodes développées sont vraimentt celle du XXI siècle , propres et éficaces , et en accord avec l’Environnement . En Autriche il y a de Vrais Ecolos Très éclairés et non doctrinaires comme en France , où sans savoir , en France on dit Non à tout . Peut être faudrait il emmener voir le Maire de Salau et plusieurs personnes de l’Association STOP MINE à Mittershil en Autriche , pour qu’ils puissent Voir , de leurs Yeux , ce qu’est une exploitation de ce genre , et comment cela est mené de nos jours . Seulement , et à partir de cette Visite , à mon sesns obligatoire , les Points de Vue seraient alors capables d’évoluer et gagnant gagnant : Pour l’exploitation , pour la Vallée et pour une Nouvelle économie responsable . D’autres petites Mines , pourraient ré ouvrire en France , à condition qu’elles ne soient pas polluantes , comme certaines Mines de Fluor dans l’Estérel en Filonien. , pour faire de Petits Tonnages de l’ordre de 20 à 30 mille tonnes / an , qui couvriraient les besoin Français et Européens …. Aujourd’hui , les Technologies ont Changé et évolué. , mais il faudra trouver le plus important , mis à part les fonds nécessaires pour démarer : Des Mineurs et formé aux Nouvelles Technologies ….

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