L’enjeu est de taille. L’exploitation des barrages hydroélectriques en France est à la veille d’un grand bouleversement. EdF, l’opérateur historique, et GdF Suez, à travers la Shem, la Société hydroélectrique du Midi dont le siège est situé à Toulouse, s’apprêtent à livrer une rude bataille d’ici deux-trois ans. Car pour mettre la France en accord avec l’ouverture du marché de l’énergie imposée par l’Union européenne et augmenter la production hydraulique de l’hexagone, la France va ouvrir à la concurrence 20% de son parc hydroélectrique.
Profitant que les concessions de certains barrages arrivent à leur terme, la loi impose dorénavant que leur renouvellement ne soit pas automatique et que les droits d’exploitation fassent l’objet d’appels d’offres publics. La Shem, 3e producteur français d’énergie hydroélectrique, qui détient 12 barrages et 51 usines réparties en neuf groupements, soit neuf vallées dans le grand Sud-Ouest (quatre régions), affûte déjà sa stratégie pour entrer dans la course.
L’objectif est double, assure Claude Girard, directeur de la Shem depuis 2006 : « nous devons reconduire les concessions que nous avons déjà, soit la reconquête de 60 % de la Shem (2/3 des installations sont en Midi-Pyrénées, Ndrl). Et nous devons aussi conquérir les concessions détenues par EdF », explique-t-il.
La Shem, déjà « en ordre de bataille », mène depuis quelques années une « politique volontariste » : elle a injecté en quatre ans 60 millions d’euros pour le maintien et le renouvellement de ses installations, dont 16 millions pour l’année 2009. Les entreprises partenaires de la Shem en Midi-Pyrénées ont reçu quant à elles 8 millions d’euros. Pour 2010, la Shem prévoit un nouvel investissement de l’ordre de 16 à 17 millions d’euros.
Audrey Sommazi
La Shem affiche un chiffre d’affaires de 84 millions d’euros en 2009 et table sur une hausse de 2 millions d’euros en 2010, selon Claude Girard, directeur général. DR.