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Publié le dimanche 1er octobre 2017 à 19h20min par Isabelle Meijers

Toulouse. Pourquoi la nouvelle soufflerie de l’Isae-Supaero est unique en Europe

La nouvelle soufflerie aéroacoustique de l’Isae-Supaero participera à la conception d’avions plus silencieux. Elle donne à l’école une visibilité accrue, stratégique dans sa compétition à l’international.

L’école d’ingénieurs toulousaine Isae-Supaero, Institut supérieur de l’aéronautique et de l’espace, vient d’inaugurer sa toute nouvelle soufflerie aeroacoustique. Elle a nécessité un investissement de 9 millions d’euros. Cet équipement de pointe place l’école parmi les tout premiers centres mondiaux de recherche fondamentale en aéroacoustique. Il constitue un atout majeur dans le développement d’avions plus silencieux, et donc dans la réduction des nuisances sonores liées au trafic aérien dans les zones aéroportuaires. Un enjeu de société de premier plan.

Recherche sur des avions plus silencieux

« Une équipe de près de soixante-dix chercheurs est mobilisée autour de ce projet lancé en 2008. La soufflerie permettra de mesurer le bruit à l’atterrissage d’aéronefs de nouvelle génération, en particulier celui provenant du train d’atterrissage lui-même. En phase d’approche, ce dernier est responsable de 40 à 50% des nuisances sonores en fonction de la taille de l’avion », explique Laurent Joly, chef du département aérodynamique, énergétique et propulsion de l’Isae-Supaero.

Avec un flux d’air circulant à 80 m/s, soit à Mach 0,24, correspondant à la vitesse en phase d’atterrissage d’un grand avion, ainsi que des moyens de modélisation numérique après essais, la soufflerie est « unique en Europe. » Dès 2019, elle sera associée à des projets de recherche en partenariat avec des laboratoires nationaux et industriels.

Un rayonnement international

L’infrastructure est financée pour 6 millions d’euros par le plan Campus, porté par l’Université fédérale de Toulouse Midi-Pyrénées. L’équipement scientifique de mesure est couvert, lui, à hauteur de 3 millions d’euros par le contrat de plan État Région abondé par la Région, Toulouse Métropole et le ministère des Armées.

Alors que l’Isae-Supaero, issu de la fusion en 2007 de Supaero et de l’Ensica à Toulouse, est lancé dans la compétition pour le titre de « leader mondial de la formation en ingénierie aéronautique et spatiale », cette soufflerie lui donne une grande visibilité sur la scène internationale. Elle parachève les 100 millions d’euros d’investissements de l’école en dix ans dans son campus de 70.000 m2, abritant un nouveau bâtiment d’enseignements et des résidences étudiantes flambant neuves. Près de 400 chercheurs et 1700 étudiants dont 200 doctorants s’y croisent chaque jour.
Isabelle Meijers

Sur la photo : Laurent Joly, chef du département aérodynamique, énergétique et propulsion de l’Isae-Supaero, présente la soufflerie. Il veut prendre part aux projets de mobilité aérienne du futur comme la voiture volante. Crédits : Hélène Ressayres - ToulÉco.