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Publié le mardi 26 mars 2019 à 20h40min par Philippe Font

Nadia Pellefigue : « Toulouse doit avoir un rôle à jouer dans la politique industrielle de notre pays »

La vice-présidente de la région Occitanie se lance dans la course aux municipales. A la tête de son mouvement Une, Nadia Pellefigue veut conquérir le Capitole. Entretien.

Qu’est ce qui vous a poussé à vous porter candidate à la mairie de Toulouse ?
Aujourd’hui, il y a une crise économique et sociale qui se manifeste par le mouvement des gilets jaunes et qui se double d’une crise démocratique. En tant qu’élus, nous devons apporter une réponse. Elle sera d’autant plus efficace si elle est étayée par des expérimentations locales. Le constat est qu’à Toulouse il y a un intérêt pour le fait public, mais il y a peu de débats sur le quotidien des usagers, qu’ils soient de Toulouse, de la métropole ou de l’extérieur. La question est : comment mieux vivre la ville ?

Quelle est la méthode du mouvement Une que vous avez fondé ?
Il ne s’agit pas simplement d’être dans le dire mais dans le faire. La méthode pour influencer le quotidien des Toulousains c’est d’associer ceux qui ont la plus grande expertise sur le quotidien c’est à dire les Toulousains. Tout le travail que nous sommes en train de bâtir, non pas pour les Toulousains mais avec les Toulousains, a pour vocation de nous mettre en capacité d’agir dès notre arrivée aux responsabilités.

Que préconisez-vous pour le développement économique ?
En tant que quatrième ville de France, Toulouse doit avoir un rôle à jouer dans la politique industrielle de notre pays. Tout ce qui intervient sur une zone comme la métropole doit susciter l’intérêt et l’action des pouvoirs publics. Par exemple, c’est une chance d’avoir le siège mondial d’un géant comme Airbus, mais cela oblige à œuvrer en bonne intelligence. On s’inquiète quand Airbus prend une décision par rapport à l’A380 mais cela s’arrête là, il n’y a pas de stratégie globale. A Stuttgart, il y a une stratégie industrielle autour de l’automobile avec Porsche ou Mercedes. Quelles sont les firmes qui gravitent autour ? Comment les organiser en réseaux ? Comment les ancrer sur le territoire ? Une telle stratégie n’existe pas au niveau de la métropole toulousaine.

A part l’aéronautique, quelles seraient les autres pistes de développement et de diversification économique ?
L’institut interdisciplinaire de l’Intelligence artificielle démontre que nous avons une force en la matière partagée entre le monde universitaire et industriel. Nous avons de beaux sujets à faire valoir sur les biotechnologies avec des applications dans la santé et la médecine. Cela débouche sur des progrès pour la société, des développements industriels qui nous différencient. La métropole est riche de ressources et d’énergie, mais il faut les rendre visible. Or nous souffrons d’un manque de visibilité à l’international.

Qu’est ce que la candidate Nadia Pellefigue prévoit de faire en faveur de la mobilité ?
C’est justement l’intelligence collective qui va nous permettre de répondre à ces questions et de vérifier que les propositions soient en adéquation avec les demandes. Les solutions d’il y a trente ans, la seconde rocade ou la troisième ligne de métro sont des sujets qui ont permis à Jean-Luc Moudenc d’exister mais qui ne sont toujours pas en œuvre. L’objectif est de réorganiser les flux de mobilité, mener le dialogue avec les entreprises, développer les mobilités douces et de s’appuyer sur le travail de collectifs qui ont déjà mené des expertises. Ceci afin de les confronter à ce qu’il est possible de mettre en œuvre dans un, deux ou quatre ans. Il faut s’inspirer de ce qui ailleurs fonctionne comme à Barcelone ou à Oslo. Cela fait trente ans qu’on parle de solutions d’infrastructures qui ne sont pas mises en œuvre. D’ici la mise en service de la troisième ligne de métro, le besoin sera dépassé. On veut un projet alternatif pour Toulouse, il faut être capable de proposer autre chose.
Propos recueillis par Philippe Font

Sur la photo : Nadia Pellefigue est candidate à la mairie de Toulouse. Crédits : Hélène Ressayres - ToulÉco.