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Publié le lundi 9 octobre 2017 à 19h30min par Audrey Sommazi

« Il y a bio et bio » pour les professionnels toulousains du vin

Caviste et grande distribution : deux façons d’appréhender le vin bio et de le commercialiser, deux forces de frappe opposées.

« Il y a bio et bio ». Ce constat, dressé par un serveur du Temps des Vendanges, caviste toulousain spécialisé dans les vins bio, naturels et biodynamiques installé dans le quartier Saint-Cyprien, est partagé par bon nombre de professionnels. Les labels ( AB et Nature et Progrès) ne sont pas des signes de qualité, selon eux. « Quand le bio est trop mis en avant, cela me fait peur. Je me méfie du marketing », avoue François-Xavier d’Arras, qui a ouvert avec Margaux Menet la cave Lacrima Vini il y a cinq ans avenue Etienne Billières.

Pour lui « les labels répondent à un cahier des charges, à des process et le vin n’est pas forcément bon ». Attaché à la qualité du produit fini et à la valorisation du travail des vignerons indépendants, le jeune chef d’entreprise sélectionne des vins biodynamiques et naturels. Un positionnement qui lui a permis d’ouvrir une seconde cave dans le quartier Saint-Georges en 2012. Avec 500 références, dont 30% originaires d’Occitanie, l’enseigne a réalisé un chiffre d’affaires de 400.000 euros.

De l’autre côté de la Garonne, même son de cloche. Le N°5 wine bar, rue de la Bourse, auréolé du titre Best bar in the world par le magazine britannique The world of fine wine, propose une sélection de 3300 références, à des prix compris entre 25 euros la bouteille et 45.000 euros ( un Madère de 1672, NDLR). Ici aussi, le positionnement est propre au bar : miser sur les grands crus, sans répondre aux besoins du marché. « On ne s’oblige pas à vendre des vins bio. Nous le faisons car ils sont bons et parce que les vignerons ont un message à transmettre, une histoire à raconter. Nous recherchons l’excellence, et c’est notre position depuis 2013 », explique Brice Fourio, le sommelier.

Ces professionnels partagent un autre principe auquel ils ne dérogent sous aucun prétexte : ils commercialisent des vins non vendus en grande distribution. « Le bio est récupéré par les industriels », martèle François-Xavier d’Arras.

David vs Goliath

Alors que les consommateurs se tournent vers les vins bio, Carrefour Labège a décidé de suivre la tendance il y a cinq ans. Une stratégie qui s’est accélérée.
« Depuis trois ans, nous développons la thématique du bio, constate Arnaud Lemarchand, chef de secteur produits et liquides grande consommation pour l’hypermarché. Notre assortiment est en croissance tous les ans et nous vendons une vingtaine de vins d’Occitanie en rosé, blanc et rouge, parmi les 800 références, décidées pour les deux tiers d’entre elles par le groupe Carrefour France ».

L’enseigne multiple les arguments de vente en misant sur des actions ciblées pour encourager l’acte d’achat : une sélection de vins médaillés, validée par la revue des Vins de France, des foires aux vins et des tarifs « intéressants ».
Audrey Sommazi

Sur la photo de Une : une sélection de vin proposée par la grande distribution. Photo
Hélène Ressayres - Crédit ToulÉco

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