ToulÉco

Publié le mercredi 6 juin 2018 à 16h17min par Nathalie Sanselme

BIC de Montpellier : « L’accompagnement est le maître mot »

Premier incubateur français à entrer dans le top 10 mondial selon le classement d’Ubi Index (indice mondial de la création d’entreprises), le BIC de Montpellier se classe deuxième (quatrième en 2014 et 2016). Sa directrice Isabelle Prévot livre quelques ingrédients de son (...)

Quels sont les critères du classement d’Ubi Index ?
On retrouve le nombre d’emplois créés, le chiffre d’affaires généré, dont la part à l’export, les levées de fonds… En trente ans, les 670 entreprises accompagnées ont créé 5000 emplois directs et présentent un taux de pérennité très élevé, plus de 90 % à trois ans et 79 % à cinq ans. Elles ont généré un chiffre d’affaires de 650 millions d’euros en 2016 et levé 75 millions d’euros de fonds. La part de l’export est de 50 % en moyenne.

Quels sont les secrets de la méthode du BIC ?
L’accompagnement est le maître mot. Pour convaincre les investisseurs, il faut un projet solide qui leur inspire la confiance. Malgré l’incertitude qui demeure toujours, car il s’agit d’innovations pour lesquelles le marché n’existe pas encore, l’accompagnement réduit le risque investisseur et constitue un atout supplémentaire. Au BIC, il est très personnalisé et les synergies entre les différents acteurs de cet écosystème simplifient le travail du créateur : ses interlocuteurs se connaissent tous, partagent des informations et vont dans le même sens. De nombreux experts, parfois anciens du BIC, se mobilisent gratuitement

Il y aurait donc un attachement des entreprises au BIC ?
Oui, on le voit très bien au moment des cérémonies de sortie qui sont souvent chargées d’émotion. Nous nous efforçons de ne pas rompre le contact, quand le programme est terminé. Après leur sortie, ils ont généralement envie de rendre au BIC le temps qui leur a été accordé. Il y a très peu de départs du territoire. On le voit très bien avec Bertin Nahum (Medtech) ou Loïc Soubeyrand (Teads), qui recréent une société après avoir vendu la première en installant leur R&D au BIC.

La rançon du succès est-elle une plus grande sélectivité ?
Sur 350 candidatures par an nous en retenons 40. Les autres sont orientées vers d’autres structures. En cas de décision négative, les entrepreneurs sont invités à revenir vers nous quand leur projet aura avancé. Un non de notre part n’est pas définitif.

Êtes-vous contactés par d’autres incubateurs ?
Nous étions déjà sollicités, mais depuis les résultats du dernier classement, les demandes (France, Allemagne..) se sont multipliées pour venir observer nos méthodes.

Quels sont désormais les objectifs du BIC ?
Nous travaillons sur deux sujets majeurs : le financement en capital, les levées de fonds et le renforcement du haut de bilan d’une part, la croissance du chiffre d’affaires de l’autre. Nos programmes sont en constante évolution, autour de rencontres plus fréquentes avec les investisseurs : après Montpellier capital risque qui s’est tenu le 23 mars dernier – un programme qui sélectionne une quinzaine d’entreprises triées sur le volet et les coache pendant trois mois avant de les présenter à des investisseurs - nous recevons le 13 mai les investisseurs de l’association France Digitale à la rencontre de start-up. Nous travaillons aussi sur des formations à toutes les techniques de vente, digitales ou face-à-face… Aujourd’hui, une entreprise ne peut se passer d’une présence sur les réseaux sociaux, or ces sujets ne sont pas toujours maîtrisés naturellement.
Propos receuillis par Nathalie Sanselme

Sur la photo : Isabelle Prévôt, directrice du BIC à Montpellier. Crédits : DR