ToulÉco

Publié le dimanche 2 juillet 2017 à 20h48min par Isabelle Meijers

Airbus Corporate Jets : « Des facteurs économiques et politiques affectent le marché des jets d’affaires »

Le directeur marketing d’Airbus Corporate Jets, David Vellupilai, s’explique sur les raisons de la restructuration de l’activité de luxe du constructeur. Il fait le point sur les perspectives et les difficultés actuelles du marché des jets d’affaires.

David Velupillai, le centre d’aménagement cabine pour les jets d’affaires d’Airbus de 170 personnes a fermé en novembre 2016. Pourquoi ce choix ?
Nous avons décidé de ne pas poursuivre l’activité industrielle d’aménagement des cabines d’avions d’affaires, qui était menée par notre filiale Airbus Corporate Jet Centre, pour privilégier le secteur des services. Nous avons préféré allouer cette structure de production à la montée en cadence des A320 ou A350. Les 170 personnes qui travaillaient dans cette filiale ont donc été reclassées dans d’autres services. Mais il est toujours possible grâce à notre division Airbus Interior Services de proposer des services de maintenance, de modernisation des cabines ou des améliorations d’équipements.

Quelle est aujourd’hui votre nouvelle organisation ?
Nous pouvons livrer nos avions d’affaires, soit « verts » sans aménagement cabine, soit avec un package « clé en main ». L’aménagement est alors confié, au choix du client, à un réseau d’aménageurs agréés par Airbus, comme Lufthansa Technik, Jet Aviation ou Com Lax America. Sur nos 180 avions d’affaires en service actuellement, près de 70 ont été livrés clé en main. Quant au département Airbus Corporate Jets proprement dit, nous sommes une « business unit » de moins d’une centaine de personnes, intégrée au service commercial d’Airbus.

Le marché de l’aviation d’affaires souffre actuellement. Quelles sont vos perspectives dans ce secteur à Airbus ?
Nos jets d’affaires sont destinés à trois types de clients : les compagnies aériennes pour le transport de leur personnel, les particuliers milliardaires VIP ou les délégations gouvernementales. Il est clair qu’une série de facteurs économiques ou politiques affecte le marché de tous les constructeurs d’avions d’affaires, dont Boeing. La Russie souffre ainsi de sanctions économiques et d’une diminution du rouble qui affecte le pouvoir d’achat. Les pays du Golfe enregistrent une baisse de leurs revenus liée à une chute du prix du pétrole et les pays développés font face à une crise d’austérité. Mais nous restons optimistes sur le long terme.

Vous avez annoncé il y a quelques semaines au salon d’avions d’affaires de Genève le lancement de l’ACJ330neo, qui bénéficie de moteurs nouvelle génération. Quelles sont vos cibles de marché ?
Notre famille d’avions d’affaires va de l’ACJ318 à l’ACJ380. Les ACJ318, 319, 320 et 321 ont un rayon d’action intercontinental, de Paris à New York par exemple sans escale. Tous nos jets d’affaires sont dérivés de la gamme moderne d’avions Airbus et offrent la cabine la plus haute et la plus large de tous les jets d’affaires. L’ACJ330neo, qui sera livré à partir de 2019, cible particulièrement les gouvernements qui ont besoin de transporter des délégations de vingt-cinq passagers et plus, sans escale.
Propos recueillis par Isabelle Meijers

Sur la photo : dans le segment des jets d’affaires, l’ACJ330neo sera livré à partir de 2019. Crédits Airbus - DR