ToulÉco

Publié le mercredi 22 novembre 2017 à 16h10min par Natacha Zimmermann

L’invité. « L’Hyperloop de Transpod sera 30% moins cher qu’un TGV »

Ancien ingénieur aéronautique d’Airbus, Sébastien Gendron a lancé Transpod il y a deux ans. Son but : créer un transport hyperloop atteignant les 1000 km/h, à la fois abordable et durable.

Comment fonctionne votre technologie ?
Le but, c’est de s’affranchir des contraintes aérodynamiques, d’avoir une puissance et une vitesse similaires à celles de l’avion. Nous utilisons donc des tubes en métal de quatre mètres de diamètre, connectés à des pompes à vide. Grâce à un système de propulsion et de lévitation magnétique, la capsule circulera au-dessus du sol.

Qu’est-ce qui vous différencie de vos concurrents ?
L’hyperloop TT fonctionne grâce à des batteries, alors que nous avons choisi un système de transmission de courant en continu. On a aussi décidé de placer tout ce qui est à haute valeur ajoutée sur le véhicule, au lieu de le fixer sur l’infrastructure. Et notre technologie est 30% moins chère qu’une ligne à grande vitesse classique.

Où en est votre projet ?
Nous nous développons en Italie et au Canada, avec deux projets de lignes d’essai. En Italie, un test à échelle réduite devrait avoir lieu l’été prochain. Mais c’est au Canada que nous préparons nos premiers tests à échelle 1. L’objectif est d’avoir un prototype prêt en 2020 pour obtenir une certification vers 2022. Nous sommes aussi en discussion avec des régions françaises : l’Occitanie, qui pour le moment est concentrée sur la LGV, Auvergne-Rhône-Alpes et la région parisienne.

Quels sont les enjeux des transports du futur ?
Les enjeux sont à la fois économiques, écologiques et sociaux. Faciliter les trajets entre grandes agglomérations permet de diminuer le nombre de vols et donc l’empreinte carbone : c’est ce qu’il s’est passé entre Paris et Bruxelles. Et en prévoyant des transports de fret (dix à quinze tonnes par voyage), nous pourrions diminuer le trafic de camions de 20%, ce qui allongera la durée de vie des autoroutes. On pourrait également placer des panneaux solaires sur les tubes pour qu’ils génèrent leur propre électricité. Il y a aussi un impact sur le PIB régional.
Avec l’arrivée de la LGV à Rennes, par exemple, le prix de l’immobilier a explosé. Il faut que la France continue à innover, comme elle l’a fait il y a trente ans avec le TGV. Il faut que l’État, les régions, les entreprises intègrent ce nouveau système dès maintenant. Car c’est un mouvement en marche qu’il sera difficile d’arrêter.

Futurapolis se tiendra à Toulouse les vendredi 24 et samedi 25 novembre 2017. Retour ligne automatique
Plus d’informations : http://www.futurapolis.com/

1 Commentaire

  • Le 23 novembre à 08:36 , par joseph

    la course à l’hyperloop est passionnante
    entre ceux qui compte sur le benevolat ( hyperloop TT remunere avec uniquement des stock options et donc est comdamné à terme ( 2 à 3 ans maximum ) ) hyperloop one sponsorisé par la sncf et transpod le canadien monté par un issu de l’aeronautique, on va suivre un roman d’aventure ( le hasard veut qu’un autre Sebastion Gendron est un ecrivain de polars et romans )
    Mais l’aeronautique et le ferroviaire ne savent pas bien gerer rapidement les nouveautés , qui mettent 30 ans avant d’arriver dans les avions ou les trains
    donc pas forcé que prendre des anciens de l’aeronautique soit un gage de rapidité de mise sur le marché
    il y a beaucoup trop d’incertitudes et de challenges technologiques qui font qu’on ne verra pas un hyperloop pour les humains avant 10 à 15 ans .
    Reste t il un interet pour le transport des marchandises ? pas sur
    il est clair que seuls ceux bien soutenus par des financiers et un com beton arriveront à survivre en attendant la supraconductivité à temperature ambiante gage de reussite de ce type de projet , gourmand en energie

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