ToulÉco

Publié le lundi 28 janvier 2019 à 18h38min par Martin Venzal

Les enjeux de l’eau en Occitanie

D’ici 2050, le quart sud-ouest de la France enregistrera un déficit d’eau de 1,2 milliard de mètres cubes en raison du réchauffement climatique. Une situation d’urgence préoccupante qui amène à s’interroger. Comment rationaliser l’utilisation de l’eau ? Comment l’industrie ou l’agriculture, doivent-ils adapter leur consommation ? (...)

ÉOn ne comprend l’importance de l’air que lorsqu’on s’étouffe. Et si, pour l’eau, c’était la même chose ? Le bassin Adour Garonne, qui regroupe en substance les territoires irrigués par les Pyrénées, soit un grand quart sud-ouest de la France, sera d’ici trente ans le bassin le plus touché par le réchauffement clima­tique. Des sécheresses plus longues et plus sévères, des saisons de pluie courtes mais très intenses et au final, un déficit en eau estimé à près de 1,2 milliard de mètres cube. Soit exactement la moitié de notre consommation actuelle sur ce périmètre.

Ajoutez à cela que la région va continuer à exploser d’un point de vue démographique, que le réchauffement climatique va accélérer l’évaporation des lacs et des rivières, avec moitié moins d’enneigement dans les massifs, et vous obtenez une situation quasi-explo­sive. Pour Guillaume Choisy, directeur général du comité de bassin Adour Garonne, les parties pre­nantes ont pris la mesure du problème, en s’engageant cet été dans un plan d’adaptation au changement climatique inédit. « Le constat est préoccupant », explique-t-il. « Si nous ne faisons rien, nous serons dans l’incapacité de soutenir l’activité économique sur notre territoire, et de répondre à nos besoins en eau pour l’eau potable, l’agriculture et l’industrie. »

Une course contre la montre

Pour l’instant, les experts ont imaginé des solutions pour combler la moitié de ce déficit : construire des retenues d’eau pour tous les usages, adapter les cultures agricoles, ou encore, réutiliser les eaux usées et traitées pour arroser les pelouses par exemple. Mais quand bien même tous les acteurs s’engageraient fortement dans cette voie, il faudra plusieurs dizaines d’années pour infléchir la tendance. « C’est une véritable course contre la montre à laquelle nous devons faire face à présent », avertit Guillaume Choisy.

Le prix de l’eau, pourtant, est au cœur des préoccupations. Ainsi, Toulouse Métropole doit choisir d’ici la fin de l’année son mode de gestion de distribution de l’eau et d’assainissement pour les douze ans à venir. Faut-il la confier à un délégataire de service public, ou bien internaliser cette compétence au sein d’une régie ? Le choix n’est pas si simple, et dans d’autres villes, à Nice ou Castres par exemple, le choix de la ré­gie s’est pourtant imposé. L’agriculture aussi est en plein questionnement. Devenue première source de pollution diffuse en Occitanie, elle doit fortement se réinventer. L’industrie enfin, doit assumer ses responsabilités passées, présentes et à venir, grâce à une législation plus contraignante. Mais qui s’en plaindra ? Sommes-nous prêts à laisser filer entre nos doigts nos acquis et nos privilèges sur l’eau ? Quelles factures financières, sociales et environnementales serons-nous prêts à payer ? Les réponses, et elles seules, coulent de source.
Martin Venzal

Photo d’illustration. Photomontage iWego pour ToulÉco

P.S. :

  • Toute la semaine, retrouvez des articles de ce dossier spécial « L’Eau à tout prix » dans La Matinale

1 Commentaire

  • Le 29 janvier à 09:07 , par dhersin

    Le tourisme exerce également une pression croissante sur les ressources en eau. Au moment où l’eau se fait rare chaque touriste consomme environ 300 litres d’eau par jour, soit le double des populations locales (jusqu’à 880 litres pour le tourisme de luxe). Le remplissage des piscines, l’arrosage des golfs et des espaces verts réclament également beaucoup d’eau. Quelles solutions sont déjà mises en oeuvre ?

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