ToulÉco

Publié le mardi 14 novembre 2017 à 22h03min par Isabelle Meijers

« L’industrie en Occitanie est directement concernée par la French Fab et son coq bleu »

Annoncé en octobre par le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, le mouvement French Fab, inspiré de la French Tech, arrive à Toulouse. Simon Leguil, chef du Service Entreprises de la Direccte Occitanie, décrypte les grandes lignes de cette nouvelle marque au coq bleu, dédiée aux (...)

Simon Leguil, qu’est-ce que la French Fab ?
Dans le même esprit que la French Tech au coq rose pour l’écosystème des start-up, l’Etat lance la French Fab, au coq bleu, pour l’économie industrielle française. C’est donc une marque chapeau pour les entreprises industrielles, qui permettra de valoriser l’existant, de mettre en évidence la capacité d’innovation de nos entreprises et de donner plus de visibilité à l’export à nos industries.
Il s’agit aussi de créer un réseau d’industriels et de faire en sorte que des actions collectives émergent, associées à une communication unifiée. Le plan d’actions prévoit de simplifier les relations entre les entreprises et l’administration grâce à un site dédié où des questions pourront être posées par les entrepreneurs. Enfin, contrairement à la French Tech, les métropoles ne seront pas labellisées mais ce seront plutôt les relais territoriaux au niveau de la Direccte et de Bpifrance qui porteront le mouvement.

Quels sont les moyens et les filières stratégiques concernées par ce nouvel outil ?
Dans le grand plan d’investissement 2018-2022 de 57 milliards d’euros, la phase 3 du programme d’investissements d’avenir (PIA) prévoit 10 milliards d’euros de fonds. Ces derniers vont être alloués à trois filières stratégiques bien identifiées, qui concernent d’ailleurs l’Occitanie directement. Il s’agit du secteur aéronautique et des systèmes embarqués, ainsi que de l’industrie agroalimentaire avec un enjeu de création de valeur durable liée à l’innovation (Naïo Technologies en est un exemple local).
Le troisième axe stratégique est la valorisation de la chaîne de valeur de la donnée (big data, intelligence artificielle, etc.) appliquée à la transformation numérique des entreprises. Donc, pour être clair, la marque French Fab va rendre visible les fonds du PIA dédiés aux entreprises industrielles innovantes, mais elle-même ne mobilise pas ces ressources. C’est une vitrine de nos savoir-faire industriels français.

"Grâce à la French Tech, nous sommes aussi passés de 38.000 à 42.000 emplois dans les TIC à Toulouse"

Pour revenir à la French Tech, quel bilan en dressez-vous à Toulouse et quelles sont les marges de progrès ?
La première phase de labellisation de la métropole de Toulouse prendra fin en juin 2018 après trois années. Il s’agira alors de se donner de nouveaux objectifs pour la période à venir. Mais ce qui est sûr, c’est que la French Tech a déjà répondu à sa première mission qui est de fédérer, accélérer et faire rayonner nos start-up grâce, notamment, à des salons spécialisés et non plus généralistes.
Nous sommes aussi passés de 38.000 à 42.000 emplois dans les TIC à Toulouse. Et l’investissement a été multiplié par trois pour atteindre 380 millions d’euros levés depuis 2014. Mais force est de constater qu’en France, il y a trois fois moins de capital-risque qu’en Grande-Bretagne et 67 fois moins qu’aux États-Unis. Donc notre prochain défi sera d’aller chercher les investisseurs et de renforcer dans ce sens la visibilité à l’étranger des French Techs.
Propos recueillis par Isabelle Meijers

Sur la photo : Simon Leguil, chef du service Entreprises de la Direccte Occitanie, veut clarifier l’offre de services de l’administration à l’égard des entreprises dans le cadre de la French Fab . Crédits : Hélène Ressayres - ToulÉco