ToulÉco

Publié le dimanche 3 novembre 2019 à 17h30min par Thomas Gourdin

L’interview off de… Louis Lareng

Article diffusé le 9 septembre 2015

Le professeur Louis Lareng, créateur du Samu et pionner de la télémédecine en France se prête aux questions de l’interview off…

« Nous avons géré l’urgence, il faut maintenant gérer le numérique et le changement mondial qu’il provoque », affirme le professeur Louis Lareng. À 92 ans, le créateur du Samu et pionnier de la télémédecine reste un infatigable travailleur. Au cours de sa longue carrière, il a notamment présidé l’université Toulouse III Paul Sabatier et a fondé la Fédération nationale de la protection civile. Ce socialiste convaincu, ancien maire de son village natal d’Ayzac-Ost (Hautes-Pyrénées) puis conseiller municipal à Toulouse et conseiller régional, a aussi siégé à l’Assemblée nationale. « Je suis un homme public, je n’ai rien à cacher », dit-il en se prêtant à notre Interview off.

Votre premier rituel de la journée ?
Je prends mon petit déjeuner à 5h. Quatre biscottes, avec du beurre pour donner de l’énergie. Et je lis la presse.

Qu’emmèneriez vous sur une île déserte ?
La radio, pour rester en contact avec le monde

Ce qui vous a mis mal à l’aise dernièrement ?
C’est un peu permanent. Lorsque l’on innove, on croise souvent des gens qui se mettent en travers alors que cela fonctionne. C’est la peur de l’échec, car on transfère ce qui est institutionnel à l’homme. Or, c’est l’institution qui doit être mise en avant.

Quel est votre violon d’Ingres ?
Les concerts. Lorsque je ne peux pas m’y déplacer, je ne manque jamais ceux diffusés sur Arte le dimanche soir. C’est un rituel.

Qu’y-a-t-il de gauche en vous ?
Pas besoin de rappeler que je suis de gauche, socialiste et que je vote CGT aux élections syndicales. Les gens aiment la loyauté et la sécurité, et je travaille pour les gens. J’ai trouvé davantage de sens à donner toujours aux plus faibles.

Et de droite ?
On est de gauche ou de droite, mais je dialogue très bien avec les personnes aux opinions différentes.

Si vous étiez une femme ?
Celle qui m’a élevé, car ma mère a été emportée jeune par la tuberculose. Il s’agit de la soeur de mon père, une employée de pharmacie formée sur le tas. Voilà le genre de femme qui fait le maximum pour aider les gens.

Ce qu’il reste en vous des Pyrénées ?
Tournez la tête (en désignant les paysages placardés au mur du bureau). Le souvenir des Pyrénées se fond dans mon cœur
.
Votre chiffre préféré ?
Le 15 ! (en souriant) Ai-je besoin de dire pourquoi ?

Le rêve qu’il vous reste à accomplir ?
Avoir toujours la force de travailler pour continuer à innover. Il faut voir loin. Tout le reste du temps, on le passe à se perdre. Je rêve de pouvoir terminer tout cela. Mais le jour où je ne pourrai plus innover, inutile de continuer à regarder le temps qui passe.

Médecine ou politique ?
Je suis médecin, je m’entends bien avec tous mes confrères et collègues, et j’ai présidé de nombreuses instances. Mais par moments, quand vous êtes innovants, c’est avec la politique que vous parvenez à concrétiser vos actions.

Médecine ou monde associatif ?
Le monde associatif a du bon pour permettre la mise en place sur le terrain, voir les gens qui ont besoin d’accompagnement.

La prescription du médecin pour guérir la morosité ambiante ?
C’est une maladie de société. Il faut travailler ensemble, quitter le bal des ego et agir dans la même direction. Pour réfléchir, imaginer, créer, progresser et trouver une
motivation enthousiasmante.

Et Dieu dans tout ça ?
Ça, c’est mon affaire personnelle avec lui. Mais je crois aux forces de l’esprit.

Propos recueillis par Thomas Gourdin
Photo Hélène Ressayres - ToulÉco