ToulÉco

Publié le lundi 10 juin 2019 à 17h55min par Julie Rimbert

L’interview off de : Paul Mérault

Commandant de police de la division Mirail à Toulouse, Paul Merault a remporté le prix du Quai des orfèvres 2019 pour son premier roman Le cercle des impunis dont près de 140.000 exemplaires ont été vendus. Il répond aux questions décalées de l’interview off.

Le policier Paul Merault a déjà commencé l’écriture d’un deuxième roman, qui devrait paraître au printemps. Le Toulousain a également dans les cartons un projet de long-métrage avec Olivier Marchal.

Quelle est la première chose que vous faites en vous levant ?
J’essaie de rassembler mes premières idées pour trouver le chemin de la cuisine et me faire couler un café. Puis je regarde les infos. Je suis quelqu’un qui digère énormément d’infos.

Qu’emmèneriez-vous sur une île déserte ?
Ma femme, bien sûr.

À quelle époque auriez-vous aimé vivre ?
Plutôt dans le futur. Je ne suis pas du tout un passéiste. J’aimerais me réveiller en 2050 et me dire : « Est-ce que c’est ça qu’on avait programmé ? ». Pour moi, Le cinquième élément est un film culte. C’est le genre de cinéma qui me fait rêver. J’aime les choses sensées, intelligentes qui posent des questions sur notre avenir.

Le rêve qu’il vous reste à accomplir ?
Devenir un auteur confirmé, écrire quatre ou cinq bouquins qui ont bien marché et qu’un certain nombre de Français connaissent mon nom. Ce prix m’a permis de mettre un pied sur la planète édition mais je garde la tête froide. Ce qui m’a plu, c’est que le jury reçoit des manuscrits anonymes, donc il n’y a pas la puissance d’une maison d’édition derrière la récompense. Je profite de ce prix pour écrire mon deuxième roman afin de le publier rapidement et de garder cette dynamique.

Quel métier n’auriez-vous jamais exercé ?
Un métier en rapport à la science. J’étais très mauvais en maths. Tout jeune déjà, j’étais un pur littéraire. J’ai eu 17 en philo au bac et 3 en maths ! Ce n’est pas étonnant que je sois entré ensuite aux renseignements généraux car on y écrit beaucoup de notes.

Quel personnage de roman policier auriez-vous aimé être ?
Le commissaire Adamsberg des romans de Fred Vargas est sympa. C’est un type qui bien sûr élucide mais qui a un côté artiste, rêveur. Il sent les choses chez les gens.

Qu’est-ce qui vous a mis mal à l’aise dernièrement ?
La violence que je vois en ce moment. Comment peut-on même pour des idées, qu’elles soient politiques ou idéologiques, être amené à ne plus parler, ne plus débattre et passer à la violence ?

Quel commissaire célèbre vous a inspiré ?
Tous les grands flics comme Claude Cancès, ancien directeur de la police judiciaire de Paris, ou Robert Broussard. Ce sont des gens qui ont souvent mis leur vie privée de côté par rapport à leur engagement professionnel. Je n’idolâtre personne mais il y a des références dans la police.

Quel est votre lieu préféré à Toulouse ?
Il y en a plusieurs. D’abord le Jardin Japonais pour son côté paisible. Puis les rues du quartier de La Daurade, le Pont-Neuf, Saint-Pierre, avec tous ces bâtiments en paysage qui sont magnifiques. Pour moi, c’est le vrai Toulouse.

La dernière fois que vous avez ri aux larmes ?
Je ris souvent ! La dernière fois, c’était devant un spectacle de Patrick Timsit. J’adore son humour.

Qu’y a-t-il de gauche en vous ?
Tout ce qui touche au social m’intéresse. Je pense que les gens doivent pouvoir vivre correctement de leur travail. Le chômage massif m’inquiète aussi.

Et de droite ?
De croire en l’économie libérale. Pas le libéralisme effréné mais seuls des échanges économiques et commerciaux permettent de vivre dans un confort matériel. Pour peu qu’il soit un libéralisme contrôlé.

Quelle est la dernière chose que vous faites avant de vous coucher ?
En général j’écris. Je ne regarde pas la télé donc j’écris mes romans. La dernière chose que je fais avant de me coucher, c’est de mettre un point final à la dernière page que j’ai commencée. L’écriture, c’est une gymnastique qu’il faut entretenir. Je ne dors que six heures par nuit et j’écris beaucoup le weekend et en congés.
Propos recueillis par Julie Rimbert

Photo Rémy Gabalda - ToulÉco.