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ToulÉco

Publié le mardi 23 janvier 2018 à 18h32min par Martin Venzal

Occitanie. L’œnotourisme, l’autre économie du Vignoble

Comment concilier tourisme et viticulture, deux secteurs forts de l’économie régionale ? En misant sur l’œnotourisme, comme l’ont souligné les intervenants de deux conférences organisées par Ramdam, France Bleu Hérault et ToulÉco à Montpellier et à Toulouse.

"Le tourisme, c’est 13 milliards d’euros et 110.000 emplois en région Occitanie, soit la deuxième économie de la région », analyse Virginie Rozière, présidente du comité régional du tourisme. « Et nous avons le premier vignoble sous signe de qualité au monde. L’œnotourisme s’impose donc comme un axe majeur de développement économique pour la région.  » Pour autant, l’addition des deux secteurs n’est pas automatique, les professionnels des deux secteurs ne partageant pas de culture commune. Ainsi, « on ne peut pas se contenter des produits que l’on consomme : les personnes veulent vivre une expérience et le vignoble est un bon moyen de faire vivre cette expérience », poursuit Virginie Rozière.

En Occitanie, les territoires ne sont pas égaux face à l’œnotourisme. Côté Languedoc-Roussillon, des initiatives existent depuis près de vingt ans. « Nous avons créé nos premières balades vigneronnes en 1997. Près de 10.000 personnes viennent chaque année de toute la France et d’Europe marcher dans nos vignobles », explique Jean-Philippe Granier, président de la maison des vins du Languedoc. « Le tourisme a besoin d’éléments concrets. Nous avons aussi les Estivales, qui ont fédéré plus de 300.000 personnes cette année. On vient y déguster des vins et des produits entre terre et mer. »

Le département de l’Hérault porte cette dynamique à l’échelle de son territoire en s’appuyant sur les routes des vins la-bellisés Vignobles et découvertes. Il met en scène également des caveaux étape, constitutifs d’un véritable « œnotour ». « Ils permettent d’accueillir des groupes et des séminaires. Ils pourront aussi passer des conventions avec les restaurateurs », détaille Kléber Mesquida, président du conseil départemental de l’Hérault. « Il y aura également des informations historiques et touristiques, afin que les visiteurs découvrent toutes les facettes de notre territoire. » Cette démarche sera présentée au prochain salon de l’agriculture de Paris, en février 2018, avec une liste de près de 700 caveaux ouverts au public.

Démarche engagée à Fronton

En Occitanie, certains départements sont donc très avancés. D’autres entament des démarches prometteuses. C’est le cas de la Haute-Garonne et du Tarn-et-Garonne, qui partagent un vignoble commun, celui du Fronton, et pour lequel une labellisation Vignobles et Découvertes est actuellement en cours. « Il y a dans le fronton-nais un engouement et une dynamique pour l’attribution de ce label. Celui-ci est absolument nécessaire pour être référencé parmi les vignobles d’Occitanie et être reconnu sur cette thématique de l’oenotourisme », explique Didier Cujives, président du Comité départemental du tourisme de Haute-Garonne.

De par sa taille et son histoire, le bassin viticole du Sud-Ouest possède aussi une grande diversité de vignobles. Paul Fabre, directeur de l’interprofession des vins du Sud-Ouest le rappelle : « Le bassin a deux axes : un premier sur un axe Aveyron Pays Basque qui emprunte les chemins de Saint Jacques de Compostelle, et un deuxième qui remonte de l’Ariège à Bergerac. » Logiquement, « certaines appellations sont en retard » constate Paul Fabre. « La priorité est donc d’accompagner et de fédérer les mondes viticole et le monde touristique… Il faut aussi décloisonner les territoires pour faire vivre l’identité Sud-Ouest autour d’un œnotourisme dynamique. »

Les perspectives économiques liées à l’œnotourisme sont à la hauteur des enjeux. « 10 millions de touristes en France viennent pour l’œnotourisme, principalement des Belges, des Anglais et des Américains », analyse Martin Lhuillier, responsable de la fi-lière chez Atout France. « L’œnotourisme est une activité forte et complémentaire à celles des vacances. » Afin de structurer la filière, la région Occitanie prévoit ainsi de mettre en place un observatoire de l’œnotourisme. À suivre.
M.V.
Photos Hélène Ressayres - ToulÉco

Ils ont dit

Virginie Rozière, présidente du CRT
« Nous allons lancer un observatoire spécifique à l’œnotourisme dans les mois qui viennent »

Jean Philippe Granier, président de La Maison des Vins du Languedoc
« En oenotourisme, le contact avec le vignerons est très important :
c’est l’émotion, la rencontre avec le producteur que les gens retiennent au final »

Kléber Mesquida, président du Conseil départemental de l’Hérault
« La vigne, c’est la carte d’identité de l’Hérault. Nous avons six circuits 4 territoires Vignobles et Découverte labellisés et 2 en projets dans tout le département »

Paul Fabre, directeur de l’interprofession des vins du Sud-Ouest
« L’œnotourisme dans le sud-ouest est en effervescence… Nous devons aider les professionnels à monter en compétences »

Didier Cujives, président du comité dépar-temental du tourisme de Haute-Garonne
« Nous devons encore promouvoir nos vignobles. Tous les restaurateurs toulousains devraient avoir deux ou trois fronton à leur carte »