ToulÉco

Publié le mardi 5 décembre 2017 à 20h01min par Valérie Ravinet

L’opérateur de satellites SES présente son dernier né à Toulouse

SES-14, le dernier né de la gamme des satellites de l’opérateur SES, s’apprête à quitter l’usine d’Airbus Defence & Space pour son lancement par Ariane 5, en janvier prochain. Un satellite hybride tout en innovation, à l’image d’un secteur en pleine révolution.

La construction de SES-14, nouveau satellite de l’opérateur SES, est désormais terminée. Il a vu le jour dans les usines toulousaines du constructeur Airbus Defence & Space, qui bénéficie pour la quatorzième fois au cours des dix dernières années de la confiance de l’opérateur luxembourgeois. Après les ultimes tests en salle blanche, le satellite à propulsion électrique rejoindra sa base de lancement pour monter à bord d’Ariane 5, avec une mise en orbite à 36.000 kilomètres de la terre, quelques mois plus tard. Comme ses prédécesseurs, SES-14 est dédié à la diffusion de vidéos et de données à destination d’entreprises des secteurs télécom, maritime, aéronautique, énergie et des administrations. Il servira l’Amérique latine, les Caraïbes et l’Atlantique Nord.

L’innovation comme clef de réussite

SES est l’un des plus gros clients d’Airbus Defence & Space. Le département espace d’Airbus, qui emploie 38.000 salariés pour un chiffre d’affaires de 11,8 milliards d’euros, est le premier constructeur européen de satellites. « Nous travaillons en partenariat étroit avec notre fournisseur et sommes en permanence en recherche d’amélioration de nos produits et de nos process », souligne Elodie Viau, responsable du programme SES–14 et résidente chez Airbus, à la tête d’une équipe de douze personnes.

L’innovation est au cœur de ce nouveau satellite à propulsion électrique à plasma. Celui-ci embarque des technologies télécoms dernier cri (nouveaux instruments de fréquences, processeurs numériques embarqués) ainsi que de recherche, comme l’instrument de mesure des densités et température de la terre baptisé Gold. Ce dernier a été développé par la Nasa, puis fabriqué et exploité par le Laboratoire de physique atmosphérique et spatiale de l’université du Colorado.
Si le coût global reste confidentiel, le prix moyen pour la construction d’un satellite est de l’ordre de 150 millions de dollars, auquel s’ajoute le prix du lanceur et les frais d’assurance.

Un marché en pleine révolution

« La pertinence de l’utilisation des satellites est de plus en plus évidente », avance Markus Player, vice-président de SES, en charge de la communication institutionnelle et des relations publiques. « Les solutions satellitaires sont efficaces pour la transmission de données et de vidéos, et ils deviennent une colonne vertébrale des infrastructures et des systèmes ».

Ainsi, le satellite permet aujourd’hui de connecter des avions, d’établir des connexions haut débit pour des navires de toute taille, ou encore de fournir des connectivités fiables dans les zones les plus reculées. Dans cette phase « d’innovation inouïe » selon les termes de Markus Player, les modèles économiques sont totalement novateurs ; le satellite trouvant des applications sur des marchés jusqu’alors éloignés. Il s’agit d’imaginer des réponses à des marchés qui n’existent pas, avec des satellites dont on ignore encore la taille, le poids, la durée de vie… Ce que l’on devine en revanche, c’est le potentiel. Il devrait se révéler et des acteurs qui seront jugés sur leurs capacités à innover sur toute la chaîne de valeur.
Valérie Ravinet

Sur la photo : le satellite SES-14 s’apprête à quitter Toulouse – Crédits : Rémy Gabalda - ToulÉco