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ToulÉco

Publié le jeudi 1er février 2018 à 21h45min par Philippe Font

Report de la LGV Bordeaux-Toulouse : pour les élus d’Occitanie la ligne doit se faire avant 2037

Les conclusions du Conseil d’orientation des infrastructures (COI) ont validé le projet de LGV entre Bordeaux et Toulouse comme étant prioritaire… mais en 2037. Une échéance que les élus locaux refusent la jugeant trop tardive.

La ligne LGV entre Bordeaux et Toulouse verra le jour, mais pas de suite. C’est ce qui ressort des conclusions du rapport du conseil d’orientation des infrastructures remis jeudi 1er février à la ministre des Transports Elisabeth Borne. Si la réalisation de la ligne LGV entre les deux villes de Nouvelle-Aquitaine et d’Occitanie a été jugée « prioritaire » par les membres du conseil, ils sont plus réservés sur le calendrier. Ils proposent une mise en service en 2030, alors que les derniers scénarii promettaient la liaison entre Toulouse et Paris en un peu plus de 3 heures en 2024.

« Que la ligne LGV soit prioritaire est une bonne nouvelle, maintenant il reste à gagner la bataille du financement qui va impacter ensuite les délais de réalisation », explique Jean-Louis Chauzy, président du Ceser et fervent défendeur de la LGV entre Bordeaux et Toulouse. « Les collectivités ont proposé un modèle de financement innovant calqué sur celui du Grand Paris Express, nous souhaitons qu’il soit validé. Cela constitue une porte de sortie pour l’État », continue encore Jean-Louis Chauzy.

« Une continuité temporelle »

Car dans ses conclusions le Conseil explique que les travaux pourraient se faire en plusieurs phases en commençant en priorité par le nord de Toulouse, le sud de Bordeaux, puis la liaison entre Agen et Toulouse et enfin Bordeaux-Agen. Du côté des élus, l’opposition à ce scénario est unanime : pas de « saucissonnage » du projet, tout les travaux doivent être fait simultanément. « Le planning doit respecter une continuité temporelle », précise Jean-Louis Chauzy.

Le président de Toulouse Métropole Jean-Luc Moudenc affirme : « Je suis prêt à accepter un décalage dans le temps, raisonnablement la date de 2024 est devenue irréaliste. Mais une livraison totale de la ligne en 2036 ou 2037, c’est beaucoup trop tardif. La saucissonnage est un piège ! ».

Désormais place aux décisions politiques : alors que la première étape est franchie, le dossier de la LGV est déclaré prioritaire, la décision finale sur le calendrier et le financement (taxes intérieure de consommation sur les produits énergétiques, redevances sur les poids-lourds ou les véhicules utilitaires, etc., reviennent au gouvernement. L’Élysée, surtout, devrait avoir le dernier mot.
Philippe Font

Sur la photo : Avant que le TGV ne rallie Toulouse à Paris en un peu plus de 3h, il faudra clarifier les pistes de financement et les délais de réalisation du chantier. Crédits : Hélène Ressayres - ToulÉco