ToulÉco

Publié le jeudi 21 septembre 2017 à 19h13min par Philippe Font

La colère des bailleurs sociaux de Midi-Pyrénées

Les différentes mesures avancées par le gouvernement pour améliorer le logement en France provoque le courroux des bailleurs sociaux. Selon eux la baisse des loyers préconisée par l’État pourrait geler les opérations de réhabilitation et de constructions de logements sociaux.

Depuis quelques jours, la grogne couve chez les bailleurs sociaux toulousains. Face aux différentes annonces du gouvernement, réduction des APL de cinq euros ou baisse des loyers dans les HLM de cinquante à soixante euros notamment, les professionnels du logement social montent au créneau. Réunis mercredi 20 septembre autour de Jean-Michel Fabre, président de l’USH Midi-Pyrénées, ils ont signé un manifeste afin de demander au gouvernement de revenir sur ses décisions.

« Si les mesures sont appliquées cela constitue un manque à gagner de 59 millions d’euros par an sur Midi-Pyrénées », pointe Jean-Michel Fabre qui rappelle que les bailleurs sociaux « ne font pas de bénéfices ». Selon le président, certains bailleurs pourraient dès 2018 être en cessation de paiement, d’autres affichant une « survie » de quatre ans. Midi-Pyrénées recense 135.000 logements sociaux, soit 300.000 locataires, et chaque année les organisme sociaux construisent ou réhabilitent 7500 nouveaux logements.

« Soit l’équivalent de 22.000 emplois dans le BTP », ajoute encore Jean-Michel Fabre. « Si la mesure se confirme, on va devoir réviser notre politique d’investissement , il va nous manquer des fonds propres. Le manque à gagner, rien que pour les APL, est estimé à 4 millions d’euros par an », regrette Jean-Paul Coltat, directeur général du groupe Les Chalets qui gère 14.000 logements sociaux dans la région.

Pas de chèque en blanc pour les locataires

Au-delà des mesures financières qui ne sont pas anodines, c’est la méthode qui choque les acteurs du logement social. « Il n’y a pas de concertation. Le gouvernement lance des projets sans nous consulter », regrette de son côté Maryse Prat, directrice de La Cité Jardins qui a également signé l’appel des 50. Elle ne croit pas aux mesures avancées par le gouvernement pour compenser ces pertes. « Stabiliser le livret A à 0,75% ? C’est le taux actuel et dans le meilleur des cas, cela couvrira 1% des pertes », explique-t-elle. « Les solutions ne sont pas là : pour améliorer les choses dans le social, il faudrait mettre moins de règles de certifications, ou faire en sorte que le foncier soit moins cher ».

Parmi les signataires, la Confédération nationale du logement (CNL) affirme par la voix de son représentant Jean-Louis Dillinger ne pas vouloir « signer un chèque en blanc à l’USH ». « C’est une façon de lui dire d’entrer en résistance et d’arrêter de valider des documents défavorables aux locataires comme le Fonds national d’accès à la pierre en 2016 », justifie Jean-Louis Dillinger. Alors que le congrès national de l’USH doit se tenir à Strasbourg du 26 au 28 septembre 2017, l’USH Midi-Pyrénées espère que d’autres unions rallieront leur appel comme l’a faite celle de Bretagne.
Philippe Font

Sur la photo : Une vue de la résidence Chalets Jeunes "Constantinople" située sur le Campus Université-Jean Jaurès au Mirail. Crédits : Christophe Picci / Groupe des Chalets