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Publié le mercredi 10 avril 2019 à 18h12min par Audrey Sommazi

La feuille de vol dans un ciel agité de Guillaume Faury, le nouveau pilote d’Airbus

Guillaume Faury, 51 ans, a succèdé ce mercredi 10 avril à l’Allemand Tom Enders, contraint de renoncer à un troisième mandat. Il aura à relever plusieurs défis majeurs, à commencer par la montée en cadence de la production.

Nouveau patron, nouvelle ère ? Lors de l’assemblée générale des actionnaires d’Airbus qui s’est tenue ce mercredi 10 avril, Thomas Enders, fragilisé par deux enquêtes anticorruption, qui a vu partir des poids lourds historiques du groupe -Marwan Lahoud, John Leahy et Harald Willem-, a cédé officiellement le fauteuil de président exécutif du groupe à Guillaume Faury, à l’issue de son deuxième mandat. Une transmission de pouvoirs qui s’est faite en douceur car préparée et décidée en octobre 2018.

De son côté, Guillaume Faury, 51 ans, dispose de sérieux atouts. Ce français germanophone, polytechnicien a débuté sa carrière au sein de la Direction générale de l’armement (DGA). Entré en 1998 chez Eurocopters - devenu Airbus Helicoptères - ce passionné d’aviation est passé par le secteur de l’automobile de 2009 à 2013 comme vice-président exécutif de la recherche et développement du constructeur français Peugeot. Il est ensuite revenu au sein d’Airbus Helicopters, qu’il a dirigé jusqu’en 2018. En février 2018, il a succédé à Fabrice Brégier à la présidence d’Airbus aviation commerciale.

Pour autant, même si Airbus affiche des résultats records, la mission de Guillaume Faury ne sera pas une promenade de santé. Déjà, il devra faire face aux incertitudes de la géopolitique, illustrées par le Brexit et la guerre commerciale entre l’Europe et les Etats-Unis, débutée en 2004. Ce lundi 8 avril, le bureau du représentant américain au commerce (USTR) a publié une liste de produits européens qui pourraient faire l’objet de droits de douane en représailles des subventions accordées par l’Union européenne à Airbus. Les avions gros porteurs commerciaux européens, ainsi que leurs pièces détachées font partie des produits visés.

60 A320 neo par mois

Sur le plan industriel, Guillaume Faury devra réussir la montée en cadence de la production des programmes de l’avionneur européen. Produire, produire et encore produire dans les délais sera son maître-mot. Après avoir livré 800 appareils en 2018, le groupe s’est fixé pour objectif d’en livrer entre 880 et 890 en 2019.

Cette dynamique est insufflée essentiellement par la famille de monocouloirs A320 neo, dont la cadence sera portée à soixante unités par mois d’ici la fin de l’année, puis à soixante trois mi-2020. Tout en veillant à ce que les motoristes et les sous-traitants parviennent à suivre ce rythme. Guillaume Faury pourra compter sur le succès commercial de l’A350, rentable à partir de 2019, et dont la cadence de production sera portée à dix appareils par mois. Il misera aussi sur la montée en puissance des avions A330neo et devra aussi assurer le décollage des ventes de l’A220, l’ex-CSeries de Bombardier. Le tout sans oublier l’A400M…
A.S.

Sur la photo : Guillaume Faury, aux côtés de Tom Enders, lors de la conférence de presse annuelle d’Airbus en février dernier à Toulouse. Crédits : Airbus.