ToulÉco

Publié le jeudi 13 avril 2017 à 20h35min par Audrey Sommazi

Occitanie. La filière aérospatiale en croissance, les sous-traitants sous tension

article diffusé le 28 février 2017

L’Insee vient de confirmer qu’en 2015, la filière aéronautique et spatiale tournait à plein régime dans le Sud-Ouest. Avec les nouvelles hausses des cadences de production, la tendance ne va pas ralentir, pesant néanmoins sur une supply chain au bord de la saturation.

Sous l’effet des hausses de cadences d’Airbus, c’est toute la filière aéronautique du grand Sud-Ouest ( ex Midi-Pyrénées et ex Aquitaine) qui est en ébullition. Selon la dernière étude de l’Insee, publiée jeudi 23 février, qui passe à la loupe l’activité aéronautique et spatiale pour l’année 2015, le marché est pourvoyeur d’emplois. Puisque 130.000 personnes travaillent dans l’une des 1100 entreprises de l’aérospatiale, ce qui représente 10% de l’effectif salarié régional.

Et c’est la construction, la fabrication d’équipements électriques et électroniques ainsi que la métallurgie qui tirent le secteur vers le haut, avec 85.000 emplois, soit 30% de l’activité industrielle régionale.
Sans surprise, Toulouse concentre à elle seule 65% des salariés. Bordeaux se place en seconde position avec 14% de l’emploi (activités militaires, hélicoptéristes et de maintenance). D’autres villes sont aussi dynamisées par le secteur telles que Tarbes-Lourdes avec Tarmac et Daher-Socata, ou encore Figeac avec Figeac Aéro et Ratier Figeac.

Retards de livraison probables

Cependant, ces bons résultats pèsent sur la supply chain aéronautique, c’est à dire les sous-traitants, fournisseurs et prestataires de services. Celle-ci s’approche du niveau de saturation des moyens de production. « Après deux années de croissance modérée, la chaîne d’approvisionnement retrouve son dynamisme en 2015 : 3000 emplois ont été créés en 2015 (+3,6%) et son chiffre d’affaires a progressé de 8% pour générer 11,5 milliards d’euros », affirme Guilhem Camon, chargé d’étude à l’Insee.
Or, prévient Agnès Paillard, présidente du pôle de compétitivité Aerospace
Valley « il y a quand même un enjeu de saturation. Nous sommes avec des fournisseurs qui sont aux limites de leurs capacités ».

Car, pour faire face aux carnets de commandes garnis, la supply chain tourne à plein régime. Depuis 2015, la chaîne de production se tend, avec un taux d’utilisation de sa capacité de production à 86 %. Celui-ci monte même à 91 % pour les entreprises de plus de 250 salariés, note l’Insee. « S’ils ne font pas des d’efforts dans l’organisation, dans l’amélioration de leurs performances internes, ils peuvent être sujets à des aléas de livraisons », prévient Agnès Paillard.
Audrey Sommazi

Sur la photo : La chaîne des sous-traitants d’Airbus va devoir investir dans l’outil de production pour faire face à la hausse des cadences. Photo Rémy Gabalda - ToulÉco

2 Commentaires

  • Le 1er mars à 09:26 , par Isabelle denis

    Bonjour,
    Quelque précisions semblent nécessaires :

    • les sous-traitants : ce sont les sociétés (Altran, Alten, Derichbourg etc.) qui offrent du personnel à employer chez les clients - l’article ne les concerne pas et il serait intéressant d’enquêter sur quelles sont les perspectives pour eux en 2017 ? ils représentent un bon indicateur de l’activité en temps réel du secteur aéronautique notamment à Toulouse. Quand il y a des baisses de régime de fabrication chez les clients, les salariés des sociétés de sous-traitance sont les premiers à être remerciés.
    • maintenant l’article parle des fournisseurs fabricants. Attention effectivement il y a eu de la tension en 2015 et encore en 2016 mais quid de 2017, étant donné les variations de programmes et projets chez Airbus, ATR et consort à Toulouse ?

    Conclusion : ce qui s’est passé en 2015 n’est plus forcément d’actualité en 2017. Cela va très vite dans ce secteur.

    • Le 9 mars à 16:59, par Corinne MAUCOLIN

      Certes la configuration de 2017 n’est pas celle de 2015, toutefois la chaîne de production reste excessivement tendue dû au fait que la progression du marché est aujourd’hui supérieure à la progression possible de la production : les parents pauvres de cette situation risquent d’être la fiabilité la sécurité « la forme » des salariés et ce qui est moins grave les délais. Du coup on voit ici que même un grand groupe comme Airbus doit investir dans le lean ou toute technique d’amélioration de performance contrôlée pour s’en sortir, avec des outils comme…
      http://www.uptimal-performance.fr/packs-performance/

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