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Publié le lundi 4 février 2019 à 18h18min par Valérie Ravinet

La gouvernance de l’Agence Adour-Garonne en sursis

Depuis cinquante ans, l’Agence de l’eau Adour-Garonne assure la gouvernance de l’eau sur le territoire. Établissement public de l’État, elle a pour mission de mener des recherches, d’informer et d’attribuer des aides pour lutter contre les pollutions et protéger l’eau. Des actions qui pourraient évoluer dans les prochains (...)

La ligne sur la facture d’eau des usagers, libellée « redevance pollution » ou encore « préservation des ressources en eau », n’est pas anodine ; elle représente environ 20 % du montant total de la facture. Une redevance perçue par l’Agence de l’eau Adour-Garonne, selon un tarif voté chaque année par son conseil d’administration. Cumulé, le montant de redevance atteint sur le bassin Adour-Garonne 290 millions d’euros annuel, redistribués sous formes d’aides aux personnes publiques et privées.

Fondées il y a cinquante ans, les six agences de l’eau couvrent l’ensemble du territoire national et ont pour mission de mettre en oeuvre les politiques de l’eau. Sur le grand sud-ouest, l’Agence Adour-
Garonne couvre un territoire vaste de 117.650 km² peuplé de près de 8 millions d’habitants. Agricole, montagneux et littoral, le bassin Adour-Garonne est particulièrement exposé aux changements climatiques. L’Agence a pour mission d’étudier, d’accompagner et de financer des actions pour dépolluer, préserver les ressources en eau potable et restaurer la qualité de l’eau.

Politique recentrée

En 2017, près de 9000 projets ont été accompagnés, en conformité avec les orientations stratégiques de l’outil dédié et baptisé SDAGE (Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux). Dans le cadre du programme « Action publique 2022 », le gouvernement a lancé une mission d’évaluation des politiques de l’eau et de leurs opérateurs. Les experts du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) et de l’Inspection générale des finances (IGF) ont estimé « que les politiques de l’eau et de la biodiversité se sont construites par accumulation d’objectifs (…) d’où résulte un besoin de mise en cohérence ».

Dans ce contexte, un plan de mutualisation inter-agences a été proposé, pour faire converger les pratiques et recentrer les interventions de chaque agence sur les actions liées au grand cycle de l’eau – c’est à dire le mouvement perpétuel de l’eau dans tous ses états-. Cette réforme s’accompagnerait d’une évolution du système de redevances. Face à des enjeux qui évoluent, la gouvernance se modifie. Reste à savoir si la protection de l’environnement en général, et de l’eau en particulier, in fine, y gagnera.
Valérie Ravinet

Sur la photo : L’avenir des agences de l’eau, comme celle d’Adour-Garonne, est en question. Crédits : DR

P.S. :

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