ToulÉco

Publié le dimanche 17 décembre 2017 à 21h00min par Isabelle Meijers

« La plupart des femmes qui réussissent ne se sentent pas légitimes »

Directrice régionale du groupe Actual, Sabine Fourteau-Fezas a accepté d’être marraine des Trophées Les Femmes de l’économie en Occitanie pour l’édition 2017. Cette spécialiste de l’intérim et du recrutement revient sur la place des managers ou dirigeants au féminin en entreprise.

Sabine Fourteau-Fezas, pourquoi avoir accepté d’être marraine de l’opération « Les Femme de l’économie » en Occitanie ?
Mon entreprise est partenaire des Trophées aux côtés de son créateur, le groupe Idecom. Je me suis sentie très investie en proposant dès le départ des candidatures de femmes en région Occitanie. Les Trophées sont là pour démontrer qu’il est possible pour une femme de mener de front vie personnelle, professionnelle et familiale. La fameuse « charge mentale » rajoute à leur mérite. Ce sont des parcours exemplaires. Mettre en lumière ces talents, discrets le reste du temps, est un vrai plaisir.

Y a-t-il un manque d’exposition et de reconnaissance pour les dirigeantes ou entrepreneuses ?
La réussite au féminin n’est pas une évidence. Une femme doit être suppliée pour être mise en avant. Or ce prix est un merveilleux outil pour faire savoir et partager des expériences. Par exemple, l’une des nommées a insisté sur le fait qu’il ne fallait pas hésiter à investir des domaines traditionnellement réservés aux hommes, comme le secteur du transport. Il s’agit ainsi de donner confiance aux femmes pour aller de l’avant.

Une forme de management au féminin existe-t-elle ?

Les méthodes de management évoluent beaucoup. Et le passage en force ou l’autoritarisme sont, selon moi, contre-productifs. Les femmes managers vont réussir à transmettre les mêmes idées sans prendre le même chemin, avec beaucoup plus d’échange et de dialogue. Moi-même, je privilégie les valeurs de communication, de confiance et de bienveillance au sein de mes équipes.

Comment mieux garantir l’égalité hommes-femmes en entreprise ?
Au niveau salarial, il faudrait plus de transparence dans l’entreprise, imposer plus de communication et de diffusion de ces informations. Ensuite, dès l’école, une sensibilisation avec des retours d’expérience au féminin et des stages permettrait de faire évoluer les mentalités et de pousser les filles vers des environnements aujourd’hui masculins. Mais les lignes bougent doucement d’elles-mêmes et je reste convaincue que des prix comme Les Trophées peuvent apporter énormément, d’autant qu’une forte solidarité entre les lauréates naît rapidement.
Propos recueillis par Isabelle Meijers
Photo : Hélène Ressayres - ToulÉco