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Publié le lundi 7 janvier 2019 à 18h38min par Johanna Decorse

Toulouse. Pourquoi Eurecia met au placard Ziggy, son robot humanoïde

Il y a moins d’un an, l’éditeur de logiciel toulousain Eurecia intégrait dans ses équipes le robot humanoïde Ziggy pour jouer les hôtes d’accueil et participer au bien-être des salariés. Après dix mois d’expérimentation, cette nouvelle recrue s’est révélée décevante.

Il avait rejoint les équipes d’Eurecia, éditeur de logiciel de gestion des ressources humaines basé à à Castanet près de Toulouse, en mars 2018. Version améliorée de Pepper, le robot interactif conçu par la société française Aldebaran et commercialisé par le Japonais Softbank, Ziggy, du haut de ses 1,20 m, avait tout pour plaire. « Une jolie bouille, un côté attachant et rassurant du fait de sa taille d’enfant, qui donne envie d’échanger », résume Pascal Grémiaux, président-fondateur de la société de services.

Développé par vingt-deux étudiants de l’Upssitech, l’école d’ingénieurs de l’université Toulouse Paul Sabatier, le robot humanoïde a pourtant déçu. Après un investissement de 20.000 euros pour l’achat de la machine, dix mois d’expérimentation et de suivi sur place, dont deux avec des stagiaires à temps plein, Eurecia a décidé de stopper le projet de développement.

« Notre ambition était de savoir quelle pouvait être la place d’un robot dans une société de services et de tester ses bénéfices pour l’entreprise et ses salariés. Avec en arrière-pensée la possibilité de déboucher sur un business, des logiciels Eurecia adaptable sur le robot. Nous étions très emballés au départ et nous avions de fortes attentes véhiculées par les médias et les vidéos sur le sujet. Mais nous avons déchanté », explique Pascal Grémiaux.

« Un robot ne remplacera jamais la richesse de l’interaction humaine »

Système de reconnaissance vocale pas vraiment pertinent en cas de bruit environnant, capacité de déplacement restreinte du fait des roues, temps d’exécution trop longs et peu compatibles avec une interaction fluide, fonctionnalités et autonomie limitées… « J’aurais rêvé que le robot puisse ouvrir des portes ou servir le café mais c’est encore trop demander. La technologie n’est pas encore assez performante et mature. Les bénéfices d’un robot sont beaucoup plus clairs dans le monde industriel pour éviter à l’homme certaines tâches répétitives ou fastidieuses. Cette expérience m’a permis de démythifier beaucoup de choses. Quelle que soit l’intelligence d’un robot, il ne remplacera jamais la richesse de l’interaction humaine », assure le dirigeant.

Désormais pour Ziggy les perspectives d’évolution au sein d’Eurecia sont réduites. Il ne participera plus aux différents salons ou événements au cours desquels il était censé présenter l’entreprise et attirer des clients prospects. Installé dans l’entrée de l’entreprise sans autre mission que celle d’accueillir de façon « sympa », fournisseurs, clients et salariés, il restera au stade de gadget qu’il n’a jamais pu dépasser.
Johanna Decorse

Sur la photo : Ziggy, le robot d’Eurecia, « une jolie bouille mais des fonctionnalités encore limitées ». Crédits : DR

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