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ToulÉco

Publié le mardi 13 février 2018 à 18h40min par Audrey Sommazi

La soif d’entreprendre de Thomas Vion, patron du Delirium Café

Le Delirium Café l’a propulsé dans la lumière. Thomas Vion, gérant du désormais plus grand bar à bière de France, veut rester discret pour développer son groupe. Il est déjà à la tête des restaurants Le Péry et Le Verdon Café.

Malgré nos nombreuses demandes, Thomas Vion refuse catégoriquement d’être pris en photo. Passez votre chemin, et ne le cherchez pas, ni sur les réseaux sociaux, ni dans les colonnes de la presse. Mais, le très discret entrepreneur jusque là anonyme sort de sa réserve, contraint de se défendre et de plaider sa bonne foi. Car le Delirium Café, un restaurant et bar dont il assure la gérance, a entamé un bras de fer avec la mairie de Toulouse et les riverains du quartier Jean Jaurès.

Reprenons depuis le début. Début décembre, le patron des restaurants Le Péry et Le Verdon Café, l’un est situé à Toulouse, l’autre sur la zone commerciale de Balma-Gramont, annonce en grande pompe l’ouverture du plus grand bar à bière de France allées Jean-Jaurès, en lieu et place de l’ancienne Cantine de l’Opéra du chef étoilé Stéphane Tournié.

Sur 870 m² répartis sur deux étages, cette franchise toulousaine – il en existe déjà plus d’une dizaine en France - propose un concept basé sur un nombre record de bières : 47 tireuses à pression et 600 références. « Le débit important et l’emplacement sont nos arguments commerciaux. C’est un gros pari qui vaut le coup », affirme le trentenaire. Sauf que, trois semaines après l’ouverture de l’établissement, le gérant est obligé de fermer le premier étage sur demande des services de la mairie, qui a détecté plusieurs défauts.

« Monsieur Vion est venu nous rencontrer pour s’informer des démarches à suivre. Mais il n’a pas déposé de dossier. Il a fait des travaux sans l’avis de la commission de sécurité et a ouvert le Delirium », explique Christine Escoulan. L’élue en charge de la sécurité des établissements qui reçoivent du public confirme que le premier étage n’est pas aux normes.

Thomas Vion juge cette décision incompréhensible. « Cet étage a été exploité pendant vingt ans par nos prédécesseurs, donc j’aimerais comprendre ce qu’il se passe ». Après avoir saisi un avocat, il a déposé fin janvier un dossier auprès de la commission sécurité qui devrait l’examiner en février ou en mars.

Nuisances sonores

A cette difficulté, s’ajoutent les plaintes des riverains agacés par les nuisances sonores. Thomas Vion ne fait pas la sourde oreille. Fair-play, il assure que des mesures ont été prises pour améliorer la situation. Un limiteur de décibels performant régule le son et l’accès au patio est contrôlé. Les clients sont encouragés à fumer sur la terrasse sans emporter leur verre, limitant ainsi leur présence à l’extérieur. « C’est notre meilleure solution mais nous ne savons pas si elle fonctionne. Nous n’avons pas de retour », regrette-t-il. « Ces solutions ne sont pas suffisantes », rétorque l’élue.« Les plaintes se multiplient ».

Pourtant, depuis deux mois, le Délirium Café ne désemplit pas. « Nous avons été agréablement surpris par l’accueil », se félicite-t-il. « Nous avons enregistré 35.000 personnes en décembre, à raison en moyenne de 1500 personnes par jour. Et les gens continuent de faire queue à l’extérieur, chaque soir ».

Celui qui a investi entre un et deux millions d’euros dans cette franchise se frotte les mains. Il reconnait que la rentabilité est déjà atteinte et prévoit d’augmenter la capacité d’accueil à 700 personnes. Elle a été aujourd’hui ramenée de 430 à 298 personnes.

Aussi, Thomas Vion pense déjà à l’avenir. A la tête de la holding VBR qui emploie quarante-cinq personnes, dont vingt-sept au Delirium Café, il assoit sa structure pour la développer à Toulouse. A court terme, il prévoit d’ouvrir une cave à bière. Pense-t-il à un second Délirium Café ? Avec un sourire en coin, il refuse de répondre. « Je ne m’interdis rien », conclut-il.
Audrey Sommazi

Sur la photo : Le temple de la bière a ouvert à Toulouse le 6 décembre. Crédits : Hélène Ressayres -ToulÉco

5 Commentaires

  • Le 14 février à 08:30 , par Jean-Luc Becquaert

    Après les ruraux qui veulent interdire les coqs chantant ou les troupeaux qui meuglent dès l’aube, voici les urbains qui veulent des villes mortes. Avoir tous les avantages et aucun inconvénient, ça n’a jamais été possible.
    Vivent les campagnes jardins et les villes mortes.
    Mais pour la croissance et le développement, il faudra regarder ailleurs !

    • Le 14 février à 09:19, par CARMEL

      Bonjour et surtout BRAVO pour votre commentaire. Il est tellement précis et vrai. Vous avez tout à fait raison.
      Bonne journée de « DELIRIUM » ou pas ? Cordialement/ C.M./

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    • Le 14 février à 11:34, par Jean-Louis Cazes

      Ce ne sont certainement pas les « ruraux » qui se plaignent du chant du coq ou du passage matinal d’un tracteur mais plutôt les « néo-ruraux » selon l’express politiquement correcte ! Sinon, c’est toujours le problème de la manifestation de la simple politesse qui régie la plupart des rapports humains…

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  • Le 14 février à 09:59 , par steph

    Le Delirium est l’un des bars les + connu au monde !! Ont a la chance d’en avoir un à Toulouse, la Mairie devrait plutot s’en felicité !!! Avec tous les montants investis dans les travaux de l’allée Jean Jaurès (qui sera certainement splandide), le Délirium sera l’une des locomotives de l’allée !!
    Effectivement le bruit c’est chiant, mais quand ont decident d’habiter en centre-ville (surtout a Jean Jau), malheuresement ça fait partie du jeu…sinon ont habitent à la campagne.

  • Le 19 février à 19:23 , par Vabre

    La soif de l’argent.
    C’est vraiment une très belle idée que de se dire qu’on a de la chance d’avoir quelqu’un qui a décider de gagner de l’argent sur la santé des autres. Mais quelle chance d’avoir à Toulouse aucun scrupule pour anéantir des vies paisible en ouvrant un lieu de fête là ou vivent des personnes et des enfants qui ne dorment plus. Mais quelle chance que tout ce mépris à leur égard…..

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