ToulÉco

Publié le mercredi 13 mars 2019 à 20h30min par Julie Rimbert

Urodelia veut décliner son vaccin contre le cancer chez l’homme

La société Urodelia, spécialisée dans la recherche en immuno-oncologie, a mis au point un vaccin thérapeutique en oncologie vétérinaire. Elle recherche désormais 2,5 millions d’euros pour une application chez l’être humain.

C’est une rupture technologique dans le traitement du cancer. La jeune pousse Urodelia, spécialisée dans la recherche sur les vaccins thérapeutiques en immuno-oncologie, a mis au point un vaccin thérapeutique autologue, c’est-à-dire personnalisé, en médecine vétérinaire. L’innovation de cette société implantée à Saiguede, dans l’agglomération de Toulouse, repose sur l’association de protéines tumorales purifiées des cellules cancéreuses de l’animal et de l’hydroxyapatite de calcium, un constituant minéral de l’os, qui joue le rôle de stimulation immunitaire.

« L’ADN des cellules humaines se présentent comme un code-barres », explique Nicole Rouquet, présidente et une des trois fondatrices d’Urodelia. « Si une anomalie génétique ou un cancer survient, une barre bleue apparait dans ce code-barres car le système immunitaire ne corrige pas cette anomalie. Nous récupérons ces barres bleues des tumeurs cancéreuses, en sélectionnons pour les purifier avec des particules d’hydroxyapatite qui les rend lisibles pour le système immunitaire une fois réinjectées chez le patient ».

Des résultats positifs chez les animaux

Une dizaine d’études chez l’animal a permis de valider l’effet positif de ce vaccin, commercialisé sous le nom d’apa.vac®, sur l’allongement de la survie des patients et son innocuité totale chez plus de 400 animaux, relevant de quinze pathologies différentes. Grâce à ces résultats obtenus chez l’animal, la start-up veut maintenant développer son vaccin en oncologie humaine. Urodelia cherche ainsi à lever 2,5 millions d’euros en 2019. Objectif : déployer sa technologie en oncologie vétérinaire et financer la recherche en santé humaine.

« Cette levée de fonds financera les essais cliniques chez l’homme et permettra de trouver les voies réglementaires de mise sur le marché », assure Nicole Rouquet, qui estime à 6 millions d’euros les fonds nécessaires sur trois ans. Le programme pourrait débuter en Argentine où Urodelia a déjà mené une étude pilote sur une vingtaine de patients. La jeune pousse envisage une demande d’autorisation de mise sur le marché auprès de l’Agence Européenne du Médicament en 2021, si les essais cliniques sont positifs. Urodelia vise un chiffre d’affaires de 20 millions d’euros en 2023.
Julie Rimbert
Photo d’illustration - DR