ToulÉco

Publié le mardi 12 février 2019 à 17h48min par Audrey Sommazi

Occitanie. Le 100e singe sème des graines d’agriculteurs

Le 100e singe propose depuis la commune de Belberaud un tiers-lieu à la campagne. La structure a pour objectif d’aider les personnes en reconversion professionnelle.

Bore-out, burn-out, brown-out, bullshit job. Ennui mortel, surmenage, mal-être, « boulot à la con » : les souffrances que rencontrent les salariés en entreprise comportent de multiples facettes. Pour favoriser le bien-être au travail, un emploi dans les champs est-il la solution ? Sacha Danjou l’affirme. À 25 ans, alors qu’il se destinait à embrasser une carrière dans l’aéronautique, il choisit de mettre les mains dans la terre.

« Mes priorités citoyennes écologiques n’étaient pas compatibles avec mon secteur d’étude », explique le jeune maraîcher, diplômé de l’Enac. « Je me suis fait confiance sans avoir eu besoin d’exercer un travail pour valider mon raisonnement. » Après avoir multiplié les expériences de woofing (volontariat chez les agriculteurs), il se lance dans la culture de légumes, aidé par Le 100e singe, un tiers-lieu installé à Belberaud dans une ancienne borde lauragaise du XIXe siècle. La structure a pour objectif d’aider les personnes en reconversion professionnelle à avoir la main verte en limitant leur prise de risques et les investissements de départ grâce à l’économie de partage : ici Sacha loue une parcelle de terre de 2500 m² sur laquelle il a planté des aubergines et des tomates.

Budget de 300.000 euros

Le maraîcher en Contrat d’appui au projet d’entreprise (Cape) profite également d’outils mis à sa disposition, de formations (communication, business plan, réseaux sociaux, stratégie) et d’un accompagnement personnalisé. Lancée en 2017 grâce à une opération de crowdfunding qui a permis de récolter 34.000 euros auprès de 300 personnes, l’association se structure en Société coopérative d’intérêts collectifs et boucle en novembre un budget de 300.000 euros avec l’appui financier des collectivités et des agriculteurs, notamment.

Cette première phase de développement doit permettre l’aménagement progressif de huit places de coworking dans les champs. « Nous sélectionnons des candidats qui portent un projet respectueux d’une charte agro-écologique et avec une viabilité économique », prévient Amandine Largeaud, coordinatrice du lieu, fondé en 2016 avec onze autres personnes. L’installation de trente bureaux partagés et la construction d’une salle de réunion pour les entreprises sont également prévues. Dans deux ans, un chef cuisinera des recettes à partir de produits de la micro- ferme du 100e singe pour vingt-cinq convives.
Audrey Sommazi

Sur la photo : Le 100e singe favorise le bien-être au travail en développant le travail aux champs. Crédits : Rémy Gabalda - ToulÉco.