ToulÉco

Publié le lundi 9 janvier 2017 à 21h36min par Audrey Sommazi

Le CETB, l’imprimerie spécialisée dans le braille veut y voir plus clair

L’imprimerie toulousaine le Centre de transcription et d’édition en braille (CETB) assure depuis 1989 un important travail de transcription en braille pour les déficients visuels. Pourtant la structure se trouve en difficulté à cause notamment d’un manque de subventions.

Tous les mois l’association imprime 7000 relevés bancaires par mois, une vingtaine de journaux, transcrit 1300 livres et les menus d’une trentaine de restaurants toulousains. « Nous sommes à l’équilibre grâce à notre activité historique bancaire. Un équilibre fragile, car je redoute une baisse des impressions papier au profit des relevés numériques », explique Adeline Coursant, la directrice qui emploie huit salariés et enregistre un chiffre d’affaires de 400.000 euros.

La structure, dont le cœur de métier est la librairie en ligne. Le polar En vrille de Déon Meyer, le roman Profession du père de l’ancien journaliste Sorj Chalandon et une quinzaine de romans pour jeunes et adolescents rejoignent le catalogue des quatre-vingt nouveautés cette année.

Des coûts de fabrication élevés

Cette activité vitrine est néanmoins peu rentable car elle supporte des coûts de fabrication lourds : 450 euros par ouvrage. « Pas question de les vendre ce prix là,
personne ne les lirait, poursuit l’ancienne championne de France de tir à la carabine et à l’arbalète. Nous les vendons 113 euros pour les établissements publics, 56,50 euros pour les particuliers, et cette différence est compensée par les 15.000 euros de subventions du ministère de la Culture. » Pour encourager tous les publics à lire en braille, tout en baissant les coûts de production, la directrice souhaite imprimer des ouvrages à la demande, dont le prix avoisine la vingtaine d’euros.

Alors, elle plaide pour son projet auprès du ministère pour obtenir un budget de deux millions d’euros sur trois ans. Diversifier les activités du CETB, tel est l’objectif de cette diplômée en ingénierie et management de gestion d’entreprise qui a une « forte envie de réussir » pour « se rendre utile ». Preuve supplémentaire de sa volonté : la création de supports de signalétiques en 2015. Coût de l’investissement ? 26.000 euros dans une machine de gravure. EDF lui a confié la transcription en braille du parcours de l’eau dans les Pyrénées en braille pour trois de ses sites, dont celui du lac d’Oo.
Audrey Sommazi

Sur la photo : Tous les mois, l’association retranscrit une vingtaine de journaux et 1300 livres. Crédits : Rémy Gabalda - ToulÉco