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Publié le lundi 30 octobre 2017 à 16h40min par Marie Deshayes

Le Soulor poursuit sa rando made in Béarn

Stéphane Bajenoff et Hélène Arnault ont repris, il y a tout juste un an, le petit atelier de Pontacq qui fabrique des chaussures en cuir depuis trois générations.

« Bonjour ! Je passais juste pour vous dire que je vous avais acheté des chaussures de montagne et que j’en suis très content. » Visite surprise d’un client à la petite boutique de la marque Le Soulor 1925, installée rue des Cordeliers à Pau depuis novembre 2016 (1). Le jeune homme est ravi d’avoir fait une longue randonnée, dans la glace, mais les pieds au sec. Il avait choisi le modèle emblématique de la marque, les chaussures de montagne tout cuir, qui plaisent aussi aux bergers ou aux élagueurs.

Pas d’intermédiaire, la marque fabrique et vend elle-même, ce qui permet de conserver des prix corrects pour du made in Béarn (aux alentours de 150 à 200 euros la paire). Le retour de ce client a de quoi éclairer le visage de Stéphane Bajenoff. Avec son associée, Hélène Arnault, il a repris en avril 2016 la fabrique de chaussures de la famille Paradis-Pomiès, installée à Pontacq depuis trois générations, et qui risquait de s’éteindre. Les deux entrepreneurs se connaissaient pour avoir travaillé ensemble sur la marque d’accessoires de golf en cuir de Stéphane Bajenoff, ancien directeur du golf d’Artiguelouve.

Sept modèles proposés

Et Hélène Arnault, trente-cinq ans de métier, connaissait bien l’atelier de Joseph Paradis pour venir y terminer les modèles de sa marque, « Les sandales d’Hé- lène ». Une machine financée via du crowdfunding Après avoir emprunté 55.000 euros auprès d’une banque, la marque Le Soulor 1925 est dé-posée et la petite usine tourne à nouveau. Le client n’a qu’à choisir le cuir et l’un des sept modèles proposés. Robert Castaing, employé à la fabrique depuis une trentaine d’années, s’occupe du montage. Constance Lafourcade, compagnon du devoir, s’occupe de son côté du «  bichonnage » (les finitions).

Dans l’atelier, une nouvelle machine est venue remplacer son ancêtre tombée en panne. Elle a en partie été financée par du crowdfunding : 3873 euros ont été récoltés via cinquante-six contributeurs. Voilà pour la belle histoire. « Maintenant, il faut se retrousser les manches et produire », affirme Stéphane Bajenoff qui se montre prudent. Il faut parfois être patient avant de trouver chaussure à son pied : les délais de fabrication peuvent aller jusqu’à sept semaines. Mais ces chaussures étant ressemelables à l’envi, elles sont pensées pour durer. Comme l’aventure du Soulor, espèrent les associés !
Marie Deshayes

Sur la photo : Stéphane Bajenoff. et Hélène Arnault ont relancé la fabrication des chaussures de la marque Le Soulor. Crédits : DR