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Publié le jeudi 18 mai 2017 à 20h30min par Audrey Sommazi

Toulouse. Le château de Merville dans le labyrinthe des investissements

Avec des moyens financiers contraints, les propriétaires du château de Merville entretiennent ce patrimoine du XVIIIe en misant sur la fréquentation de son labyrinthe. Et pour attirer davantage de visiteurs, ils lancent une application mobile.

La vie de château n’est plus ce qu’elle était. Elle s’adapte à son époque et prend le virage du numérique. Pour compléter la visite ludique du labyrinthe de buis attenant au château de Merville, situé aux portes de Toulouse, une application mobile gratuite, développée par la start-up Furet Company, est opérationnelle.

Avec photos, vidéos et sons, elle permet de connaitre l’histoire des lieux. « Nous réfléchissions depuis deux ans à la façon d’utiliser les outils modernes pour parler du patrimoine », explique Laurent de Beaumont, propriétaire du château de Merville, aux côtés de deux autres familles. « Nous avons donc mis en place cette application pour smartphones, proposée en complément au jeu, de façon tout à fait indépendante. Ce n’est qu’une façon d’enrichir la visite avec un éclairage sur notre histoire familiale ».

Objectif : attirer le public en proposant une nouvelle offre. Comme en 2005. « Nous avons constaté que les touristes étaient de passage à Toulouse. Il a fallu créer des animations pour attirer les locaux. C’est ainsi qu’est né il y a douze ans le labyrinthe de cinq hectares, le plus grand privé d’Europe ». Et la fréquentation a suivi. Le château de Merville est passé de 7000 visiteurs à 40.000, sachant que les entrées payantes permettent d’entretenir les jardins.

100.000 euros de budget annuel

La décision d’ouvrir le patrimoine au public fait suite à une période de lourds travaux de restauration du château, entamée dès 1987 sur plus de quinze ans. A cette même date, Laurent de Beaumont a aussi décidé de louer les salles de réception aux particuliers et aux entreprises. Cette diversification de l’activité permet désormais d’accueillir entre vingt-cinq et trente mariages, séminaires et incentives l’été uniquement.

« Nous ne pouvons pas les recevoir en hiver car les salles ne sont pas équipées de chauffages. Les installer est un coût supplémentaire et un investissement que nous ne pouvons pas supporter. Notre budget annuel est de 100.000 euros et nous sommes en autofinancement », nuance Laurent de Beaumont, qui regrette aussi que « les subventions de l’Etat soient divisées par deux ».

Le propriétaire réfléchit néanmoins à de nouvelles opportunités financières. Comme la mise en place d’une opération de mécénat auprès des entreprises dans quatre ou cinq ans afin de poursuivre les travaux de réhabilitation de ce domaine historique resté dans le giron de cette famille.
Audrey Sommazi

Sur la photo : Laurent et Isabelle de Beaumont, les propriétaires du château de Merville, présentent l’application disponible sur Android et Iphone. Photo DR