ToulÉco

Publié le mardi 20 décembre 2016 à 17h47min par Marc Pouiol

A Toulouse, le défi de la mixité sociale des écoquartiers

Dossier spécial immobilier à Toulouse

Championne de l’expansion démographique, Toulouse construit de nombreux écoquartiers. Faut-il investir dans ces programmes qui promettent le rêve vendu sur plan, ou craindre le phénomène cité ? Focus sur ces nouveaux quartiers, lieux de bien-vivre.

Autre défi de ces nouvelles opérations d’urbanisme, faire vivre une réelle mixité sociale, chaque programme retenu devant intégrer 25% de logements dits « sociaux ». « Attention, prévient Jean-Paul Coltat, directeur du Groupe des Chalets, opérateur majeur du logement social. Pour une bonne mixité sur le long terme, il faudrait pouvoir équilibrer l’offre, en augmentant la part du locatif social (30%) et de l’accession sociale (25%). Quand il y a trop d’investissement locatif et donc pas assez de propriétaires occupants, il y a un risque de reventes massives au même moment, à la fin des dispositifs fiscaux. Ce qui peut transformer le profil du quartier. »

Borderouge n’est pas devenu Le Mirail

Jean-Pierre Seran, président du comité de quartier de Croix Daurade, raconte comment « les commerçants de Croix-Daurade di­saient déjà au début de la première phase : « ça sera pire que le Mirail ». Aujourd’hui, le quarter est calme et serein, il n’y a pas de réel problème d’insécurité ni de dégradations. La mixité de la population est réelle et même si il y a eu un certain renouvel­lement, le quartier a trouvé son équilibre. Il y a beaucoup de critiques et de fantasmes, alimentés par ceux qui n’y vivent pas. Les investisseurs sont d’ailleurs bien présents. Borderouge Nord va apporter une nouvelle dyna­mique, notamment commerciale. On en avait besoin. »

Même son de cloche, pour Vincent Chaboy qui n’est pas prêt de quitter l’écoquartier de Vidailhan, à Balma, où il a acheté, en 2012, une maison avec jardinet au cœur du programme de 900 logements. « Nous avons été attirés par le concept du quartier, son originalité et ses prix accessibles (- de 3000 €) explique le président de l’association Vivr’A Vidailhan. Je ne regrette rien, le quartier est en train de trouver son équilibre, du lien se crée entre les habitants.

Écoles, services et environnement agréable

J’aurais préféré voir arriver des commerces plus tôt, il manque encore des locaux pour que les habitants puissent se rencontrer. Mais on vit bien, d’ailleurs les logements se louent très facilement. Et je pense que mon bien ne perdra pas de valeur ». École, services, environnement très agréable et proximité du métro… Pas grand monde pour se plaindre ici. Seul bémol, le prix du réseau de chaleur, jugé bien élevé, un système unique en France, mêlant solaire et bois, mal adapté. Dommage pour l’un de deux sites de l’agglomération labellisé officiellement « écoquartier » par l’État.
Marc Pouiol

Sur la photo : A l’image du quartier Borderouge, la métropole veut développer des quartiers à vivre. Crédits : Hélène Ressayres - ToulÉco

2 Commentaires

  • Le 21 décembre 2016 à 09:06 , par Sylvestre

    Demandez aux investisseurs qui ont acheté au début de Borderouge et qui ont voulu revendre leur bien ce qu’ils pensent du quartier… Les agences immobilières ont plein de logements qu’elles n’arrivent pas à revendre. Regardez aussi le quartier des Tibaous vers Saint Simon où la part de logement social dépasse allègrement les 25%, échec de l’ancienne mairie car ce quartier est fuit par les classes moyennes…

    • Le 23 décembre 2016 à 12:06, par Olivier

      Sylvestre, je pense que vous avez tout faux, les biens achetés il y a 10 ans en défiscalisation connaissent le même sort que partout ailleurs (allez voir à tournefeuille ou blagnac par exemple), à savoir qu’ils se revendent bien évidemment au prix de l’immobilier ancien (et pas du neuf). Et c’est normal. Maintenant, essayez de chercher une petite maison sur borderouge, vous verrez vous même qu’il y a pénurie dans les agences immobilières…

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