ToulÉco

Publié le jeudi 5 juillet 2018 à 18h24min par Florence Elman

Au domaine Latapy, Irène Guilhendou a choisi de cultiver le Jurançon en bio

En 2009, Irène Guilhendou décide de passer au Jurançon bio. Après une période de certification de trois ans, elle sort ses premiers millésimes labellisés. Sa motivation ? En finir avec les molécules issues de la chimie de synthèse.

« Au début des années 2000, comme beaucoup de viticulteurs, j’ai commencé à remettre en question les pratiques culturales héritées de la génération précédente ». Irène Guilhendou, vigneronne exploite cinq hectares de vignes dans le Jurançonnais. « Dans les années 1950, des commerciaux allaient jusqu’à boire du glyphosate pour convaincre les agriculteurs de son innocuité ! »

Comment ne pas se laisser séduire par ces bonimenteurs qui laissaient miroiter des revenus supplémentaires et moins de pénibilité au travail ? Cinquante ans plus tard, les études sur la fréquence des cancers en zones rurales alertent et relancent le débat. Très vite, Irène Guilhendou choisit son camp, celui de la « viticulture au naturel ». « Il a fallu réapprendre, faire preuve de persévérance et d’humilité, accepter une production plus sensible aux aléas climatiques, des rendements inférieurs ». Pour elle, le bio est devenu une philosophie de vie.

22 vinifications dont 5 en bio

Première étape de la labellisation, bannir les molécules et les insecticides de synthèse. « Il faut trois ans pour nettoyer les terres et prétendre au logo bio ». C’est le retour progressif à un écosystème oublié : les plantes se mettent à repousser dans les rangs les vignes. Depuis deux ans, le domaine Latapy commercialise aussi des tisanes bio, produites à partir d’herbes récoltées au pied des ceps. Seconde étape : trouver des alternatives pour protéger les vignes. « Avec un produit chimique, le problème est réglé à raison d’une "douche" d’une heure par hectare deux fois par an. En bio, je passe chaque mois plusieurs heures avec différents outils interceps (binage, fauchage, bêchage…) pour éviter que les herbes ne génèrent des conditions favorables aux champignons ».

Le domaine Latapy produit des jurançons sec et moelleux. « Ce sont de vins de terroir. Ils racontent les cailloux, le calcaire et les rayons du soleil », conclut Irène Guilhendou. Sur son domaine, elle propose aussi deux gîtes, une cabane chic et des « Flâneries gourmandes »… Avis aux amateurs !
Florence Elman

Sur la photo : Irène Guilhendou, vigneronne dans le Jurançon. Crédits : Laurent Pascal - ToulÉco.