ToulÉco

Publié le jeudi 16 août 2018 à 18h30min par Aurélie de Varax

Le financeur solidaire IéS fête vingt ans au service de l’innovation sociale et environnementale

Article diffusé le 24 mai 2018

L’expert de la finance solidaire régionale IéS fête ses vingt ans ce jeudi 24 mai. À son actif : 2,3 millions d’euros collectés, 120 entreprises financées et 970 emplois créés. Rencontre avec Eric Jourdain, Président d’IéS

Eric Jourdain, qu’est-ce qui caractérise le financeur solidaire IéS ?
Eric Jourdain : C’est l’engagement de citoyens du territoire sur une activité de financement de projets dans la Scic IéS. 1000 coopérateurs donnent actuellement les fonds nécessaires pour agir auprès de porteurs de projets. 90% des fonds collectés viennent de personnes physiques. Quelques personnes morales nous aident aussi comme le Sicoval, la Région Occitanie, Toulouse Métropole, Muretain agglo et quelques communes et entreprises comme le groupe EDF. L’autre singularité est que la structure fonctionne avec une majorité de bénévoles actifs - 150 - même si il y a trois salariés. Enfin les fonds investis, la part minimale est de 76 euros, le sont en fonds propres. Au-delà du financement, les bénévoles accompagnent le projet pendant la durée du financement, en général sur 5 à 7 ans.

Quel bilan dressez-vous sur ces 20 ans d’activité ?
Nous avons investi un peu plus de 2,3 millions d’euros en fonds propres. 120 entreprises ont été financées et cela représentent 970 emplois créés. En général nous accompagnons la création d’emploi en phase d’amorçage car les projets jeunes ont peu de capitaux propres. Ils cherchent à les compléter pour faire effet de levier auprès des banques. C’est ce type de phase qui est la plus importante. Sur l’ensemble du territoire certaines jeunes pousses en ont bénéficié avec succès comme Autonomia basé à Saint Orens qui met au service des régies de transport et des particuliers des chauffeurs formés et des véhicules adaptés aux personnes à mobilité réduite. Ils ont démarré en 2013 avec quelques emplois et actuellement compte plus d’une centaine de collaborateurs. Dans l’Aveyron Ad Fine est un jeune bureau d’étude sur l’environnement de moins d’un an qui compte déjà cinq salariés. Nous défendons les valeurs de l’ESS. Dans notre fonctionnement nous ne distribuons pas de dividendes. Pour les entreprises qui marchent cela permet des intérêts qui compensent les entreprises qui ne marchent pas sachant que 70% des entreprises s’en sortent.

Comment voyez-vous les 20 ans à venir ?
Historiquement nous avons démarré dans l’agglomération toulousaine et nous avons essaimé sur les Hautes-Pyrénées, le Tarn et Garonnne, le Tarn, l’Aveyron et Montpellier. Notre axe est de compléter notre implantation sur la région Occitanie avec un élargissement de l’activité sur la zone montpelliéraine et les Pyrénées Orientales. Sachant que nous développer, c’est financer des projets certes et aussi intégrer des bénévoles actifs sur tout le territoire et les aider à se structurer en groupes locaux en lien avec les acteurs locaux et les bassins d’emploi. Côté vision, je pense que l’épargne citoyenne est une tendance lourde. Les citoyens veulent de plus en plus savoir ce sur quoi ils investissent, le succès du crowdfunding le prouve. Nous leur offrons aussi la possibilité d’être bénévole actif. Enfin, notre défi est de construire des synergies pérennes avec tous les écosystèmes locaux sur le territoire de la région Occitanie.
Propos recueillis par Aurélie de Varax

Photo : DR