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Publié le jeudi 5 octobre 2017 à 19h44min par Philippe Font

Occitanie. Entrepreneurs et collectivités veulent aussi la Ligne à grande vitesse

Près de 700 personnes se sont rassemblées à la Région mercredi 4 octobre pour rappeler leur volonté d’avoir le TGV à Toulouse. Chefs d’entreprises et responsables économiques ont souligné l’importance du projet pour le développement des entreprises et de la région.

Élus, chefs d’entreprises, personnalités du monde du spectacle et du sport : plus de 700 personnes s’étaient données rendez-vous mercredi 4 octobre au Conseil régional pour manifester leur volonté d’avoir la LGV. Alors que le projet est au coeur d’âpres négociations entre l’État et les collectivités locales, le rassemblement était aussi l’occasion de célébrer les vingt-cinq ans de l’association Eurosud Transport, chargée d’assurer la promotion des transports dont le TGV.

« Nous avons accepté de consacrer 500 millions d’euros sur les autres lignes TGV en France en contrepartie de la LGV Bordeaux-Toulouse, la situation actuelle n’est pas acceptable nous demandons la solidarité avec le reste du territoire », affirme la président de région Occitane Carole Delga qui ne souhaite pas que les 5 millions d’habitants d’Occitanie et la quatrième ville de France, Toulouse, demeurent à l’écart de la grande vitesse. Aux côtés des élus partisans de la LGV, les acteurs économiques pour qui le TGV revêt un enjeu stratégique pour leur activité se sont aussi exprimés.

« Beaucoup de temps perdu sans le TGV »

« Le TGV entre Toulouse et Paris en 3h10 permettrait d’économiser 3500 heures de productivité par an auprès de mes salariés », lance Cédric Cabanes, le PDG d’Agronutrition. Installée à Carbonne au sud de Toulouse, la société est spécialisée dans les compléments nutritionnels et affiche un chiffre d’affaires de 180 millions d’euros dont 60% à l’export. « Ne pas avoir une liaison ferroviaire efficace représente un grand nombre d’heures perdues pour la quinzaine de mes collaborateurs qui partagent leur temps entre Toulouse et Paris », ajoute Cédric Cabanes. « Même si cela fait des coûts en plus, l’absence de desserte ne nous incitera pas à délocaliser car nous sommes attachés au territoire ».

« Sans ligne LGV, la région va se retrouver au fond d’une impasse européenne », commente de son côté Alain Condaminas directeur général de la Banque Populaire Occitane. « Et ça, ce n’est pas bon pour attirer de nouveaux talents. De plus, économiquement, on estime que le budget de transport Toulouse - Paris pourrait être diminué des deux tiers grâce au train ». Au pupitre, Alain Di Crescenzo, président de la CCI de Région a confirmé l’attente du tissu économique toulousain et régional et la pertinence du projet. « La Région enregistre une des croissances les plus importantes en France, entre +3% et +5% dans les services, l’industrie et le BTP, et on nous refuse la LGV », regrette le président de la CCI Occitanie.

Le montage financier de ce projet à 12 milliards d’euros, « la moitié de ce que va coûter le Grand Paris Express », a rappelé Carole Delga, doit être bouclé d’ici la fin de l’année pour tenir le calendrier. Sur l’agenda figurent en effet l’enquête publique en 2018, le début des travaux en 2019 pour une ouverture en 2024 ou 2025. L’entrevue du maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc, de la présidente d’Occitanie Carole Delga, du maire de Bordeaux, Alain Juppé et enfin du président de Nouvelle Aquitaine Alain Rousset avec le Premier ministre Edouard Philippe est prévue fin octobre. Elle sera sans doute déterminante.
Philippe Font

Sur la photo : Depuis l’ouverture du tronçon Tours-Bordeaux cet été, Toulouse est à 4h09 de Paris. Crédits : DR

Photo du milieu : Élus et décideurs se sont rassemblés à la Région pour réclamer la Ligne à grande vitesse jusqu’à Toulouse. Crédits : Lydie Lecarpentier.