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Publié le mercredi 27 novembre 2019 à 17h48min par Audrey Sommazi

En Occitanie, le Parkour du combattant

Le parkour cherche-t-il encore sa trace ? Ce sport urbain, placé sous l’égide de la Fédération internationale de gymnastique, veut se faire une place au soleil des Jeux olympiques de Paris en 2024. Non sans divisions.

Dans les rues, dans les parcs ou sur les toits, ils sont de plus en plus nombreux à défier les lois de la gravité. Lancée au début des années 1990 par le Français David Belle, cette discipline repose sur un principe simple : relier un point A à un point B le plus vite possible avec grâce et fluidité en utilisant uniquement des capacités corporelles pour se déplacer. Courir, sauter, grimper, ramper, rouler, se suspendre, tous les moyens sont bons pour arriver à destination.

Depuis quelques années, la discipline se popularise. Yassine Elhaimour a fondé en 2010 StreetJump 31, la première école de parkour à Colomiers, qui revendique aujourd’hui 260 adhérents, dont un senior de 62 ans ! Pour répondre à une demande croissante, ce traceur, qui totalise seize ans de pratique urbaine, ouvre un second club en septembre dans le nord-ouest toulousain. Un troisième serait même dans les tuyaux.

Mais », tempère Yassine Elhaimour « pour réussir dans ce sport de rue, il faut être suivi et soutenu par une commune. Le parkour n’est ni le foot, ni le rugby. Seul c’est difficile. Une association toulousaine a fermé ses portes », poursuit celui qui est aussi un gymnaste. Un échec qui n’a pas démotivé Loïc Giorgi. Cet acrobate professionnel et finaliste de l’émission Ninja Warrior en 2016 a ouvert Urban Corp, une salle de 900 m2 dédiée aux sports d’obstacles, dont le parkour. Six mois après son lancement, il se dit « hyper rassuré » par le succès. Pour autant, il « doit continuer à se faire connaître du plus grand nombre ». Car pour l’heure, ce concept installé sur la zone Thibaud à Toulouse et proposé en cours collectifs ou en session libre, séduit essentiellement les adolescents.

Des résistances

Le parkour sera-t-il un jour un sport olympique ? Saugrenue hier, la question a pris du sens depuis que la Fédération internationale de gymnastique a décidé d’intégrer cette discipline en son sein tout en espérant l’inclure dans le programme olympique des Jeux de Paris en 2024. Mais cette manoeuvre agile, qui permet d’éviter le processus de candidature à la liste des sports additionnels très concurrentiels aux JO, ne fait pas l’unanimité chez les traceurs. « Le parkour se pratique à n’importe quel niveau dans la rue, sans structure, de manière libre. Les élèves ne sont pas en compétition. Contrairement à la gym, qui elle, impose des conditions physiques, des règles et des codes », insiste Yassine Elhaimour.

Si pour Paris, le Comité international olympique a décidé de miser sur les nouvelles disciplines urbaines, comme la breakdance, il ne s’est toujours pas prononcé pour le parkour. « Les pratiquants se moquent de cette décision politique, et de ce débat », confirme Loïc Giorgi. Loin de la compétition, ce sport pensé comme un hymne à la liberté a aussi cherché à se structurer. Une fédération du parkour a même vu le jour en 2011, mais elle n’est toujours pas reconnue par le ministère des Sports.
A.S.